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Contre le tri social ! Pour un plan d’urgence ! Pour la défense de nos biens communs !

Les voix continuent de se faire entendre contre les classes de niveaux, mais aussi pour dénoncer le manque de moyens alloués à l’école publique. La seule réponse de Gabriel Attal et de Nicole Belloubet est leur autoritarisme. Les inspecteurs et inspectrices organisent d’ores et déjà des réunions et des formations pour expliquer comme faire l’infaisable : bloquons la machine ! Les appels des assemblées générales, avec pour mot d’ordre « Pas de retrait, pas de rentrée ! » se sont multipliés. Allons chercher les secteurs qui ne sont pas encore mobilisés ! Généralisons la lutte à toute l’éducation : il s’agit aussi de défendre nos biens communs.

Contre le tri scolaire, pour la défense de nos biens communs !

L’école publique est notre bien commun et permet, bon an mal an certes, une émancipation et une culture commune pour tous et toutes. Cependant la seule bonne volonté des personnels ne peut pas la faire tenir. Ça va craquer !

L’entêtement de Belloubet et d’Attal n’est pas qu’une affaire d’égo. Le projet est bien un tri scolaire et social qui prend sa source dans les groupes de niveaux et qui se finalisera avec le brevet couperet. C’est faux de dire qu’on arrivera aux mêmes attendus : finalement le groupe de niveaux faibles verra son avenir défini à 11 ans car il y aura une rupture d’égalité dans les contenus apportés. La fin de l’hétérogénéité jouera contre ceux et celles qui ont déjà des difficultés. Ce serait près d’un·e élève sur cinq qui n’aurait pas son brevet. Et des élèves moyens pourraient aussi le rater ! Ils et elles ne pourront pas forcément redoubler, ni ne pourront aller en lycée général, technologique ou professionnel. Les possibilités seront : aller en classe prépa seconde mais les places seront insuffisantes (une seule classe par académie et parfois dans le privé !), ou aller en apprentissage. A quinze ans le sort sera déjà scellé. Le gouvernement crée ainsi une manne pour la main-d’œuvre manquante dans de nombreux métiers manuels en tension. Rappelons que le lycée professionnel public propose une ouverture sur le monde, via les enseignements généraux. Or, avec les dernières réformes (réforme Blanquer, Transformation de la Voie Pro) les heures d’enseignements généraux ont diminué et des filières sont condamnées à fermer.

Locaux insuffisants ou inadaptés, manque de personnels AESH, manque de personnels en vie scolaire, présence d’amiante dans des écoles, assistant·es de service social scolaire sur plusieurs établissements…. Se battre pour des moyens, pour un plan d’urgence pour l’école c’est aussi lutter pour nos biens communs. C’est défendre une école publique qui doit permettre de s’émanciper et qui doit avoir pour principes l’égalité et l’inclusion.

Seule la lutte paie !

Les personnels, les élèves, les parents continuent de mettre la pression ! Des appels à la grève dès le retour des vacances ont émergé d’assemblées générales à Toulouse, en région parisienne ou encore à Lyon. Multiplions les actions : écoles mortes, manifestations… Rendons la lutte visible et populaire auprès des parents !

Bloquons la machine à trier par tous les moyens à notre disposition : boycott, refus de mettre en place les groupes de niveaux… Nous appelons l’ensemble des collègues à soutenir les dynamiques de lutte et à ne pas laisser les équipes de lettres et de maths ou les professeur·es des écoles seul·es.

Revendiquons un plan d’urgence : élaborons collectivement nos cahiers de doléances, ville par ville, et listons nos besoins pour offrir des conditions d’éducation dignes aux élèves !

Allons chercher les secteurs pour l’instant moins mobilisés comme les lycées pro ! Construisons, à la base, la grève reconductible !

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Contre l’école du tri social et scolaire, pour un plan d’urgence : mobilisons-nous, organisons-nous, amplifions le mouvement !

Primaire, secondaire, voie pro, vie scolaire, AESH, personnels médico-sociaux… : on a toutes et tous des raisons de prendre part à la lutte ! La CNT-SO appelle, avec d’autres organisations, à la grève le 2 avril et à construire la suite de la lutte jusqu’à la victoire.

Primaire : mobilisons-nous contre la standardisation et la caporalisation !

La loi Rilhac de 2021 a marqué le début d’une ère de caporalisation et de management dans nos écoles, accentuant les pressions sur le premier degré. Les évaluations généralisées, la fixation excessive sur les savoirs fondamentaux et la labellisation des manuels imposent la standardisation des pratiques pédagogiques des enseignants.

Contre leur école du tri social et scolaire !

Le projet du gouvernement de faire appliquer le « Choc des savoirs » est une menace directe, imposant une ségrégation sociale et scolaire flagrante. Nous refusons cette vision discriminatoire de l’éducation. Il est demandé l’impossible aux équipes : concertations récurrentes non payées, brassage des groupes, reconstitution des groupes, progression commune, évaluations communes, retrouvailles en classe entière.

Dès 2025, le Diplôme National du Brevet participerait à cette sélection brutale : une partie des élèves verrait son orientation vers des études supérieures relayée par l’apprentissage et l’entrée dans le monde brutal du travail, en effet, sans Brevet pas de lycée ni général, ni technologique, ni professionnel…

Contre la casse de la voie professionnelle !

Question tri social et scolaire, le lycée professionnel subit également les conséquences d’une politique éducative inégalitaire. Les dernières « réformes » ont instauré une diminution des enseignements et donc une perte de savoirs et de savoir-faire, des parcours individualisés pour des élèves majoritairement issu·es de milieux défavorisés qui se voient, une fois de plus, assigné·es aux études courtes sans possibilité de poursuite ou de reprise future d’études supérieures.

En alignant l’offre de formation sur les besoins des patronats des bassins d’emploi des établissements, on transforme nos élèves en simple chair à patron. Quid de l’apprentissage de la citoyenneté, de l’esprit critique, de la culture ? Le gouvernement assume avec une fierté cynique sa rupture avec le projet égalitaire de l’institution.

Il faut des moyens : exigeons un plan d’urgence pour l’école !

Crise du recrutement, salaires très peu revalorisés et pas pour tout le monde notamment les plus précaires, conditions de travail dégradées avec des classes surchargées : partout les manques et dysfonctionnements d’un système scolaire public à bout de souffle, sautent aux yeux

Locaux insuffisants ou inadaptés, manque de personnels AESH, infrastructures pour la pratique de l’EPS en mauvais état, présence d’amiante dans des écoles, assistant·es de service social scolaire sur plusieurs établissements…. Cela suffit ! Il faut des moyens favorisant des conditions d’apprentissage dignes pour nos élèves !

Précarisation, salaires insuffisants face à l’inflation notamment pour les plus précaires : il faut arracher une augmentation générale des salaires ! Depuis des années les conditions de travail se dégradent et nous constatons que pour de nombreux collègues le métier perd de son sens. Cela se répercute inévitablement sur notre santé avec les risques psycho-sociaux.

Exigeons des solutions concrètes ! Dans l’immédiat, nous revendiquons :

– un grand plan d’urgence pour l’école : baisse des effectifs par classe et par établissement, ouverture d’écoles et d’établissements scolaires, création massive de postes de titulaires (enseignant·es, personnels de santé et du service social, personnels de vie scolaire, psy-EN…), fin des statuts précaires par la titularisation

– le maintien et le renforcement de l’éducation prioritaire, en intégrant les lycées

– des moyens à la hauteur pour une véritable politique d’inclusion à l’école et pour aider les élèves en difficulté

– des moyens pour des heures d’éducation à la sexualité et à la vie effective

– l’abandon des réformes néfastes : réforme du lycée, transformation de la voie pro, « choc des savoirs », Parcoursup

– la suppression du Pacte, des heures supplémentaires obligatoires et une vraie hausse des salaires pour l’ensemble des personnels

– l’égalité de traitement face aux primes REP/REP+ pour tous les personnels ; l’indexation du point d’indice sur l’inflation

– le rattrapage des inégalités salariales des femmes sur l’ensemble de leur carrière, un véritable plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail

– pour les AESH : la titularisation sans condition d’ancienneté, ni de nationalité dans un nouveau corps de la fonction publique. L’abandon des PIAL.

– pour les AED, la titularisation sans condition de concours, d’ancienneté ni de nationalité de tous·tes les AED dans un corps de fonctionnaires par la création d’un métier d’éducateur·trice scolaire

– l’abandon des classes défense civile et du SNU

Ne perdons pas de temps ! Organisons-nous, amplifions le mouvement !

Il faut convaincre les collègues qui ne sont pas encore entré·es dans la lutte !

La grève du 2 avril doit servir à montrer massivement notre détermination au gouvernement. Elle doit également servir de tremplin à un élargissement des secteurs de l’éducation en lutte. Décidons, à la base, des conditions de la reconduction de la grève.

C’est bien nous, enseignant·es, AED, AESH, personnels santé-sociaux, administratifs, etc. qui faisons fonctionner l’école. C’est nous qui travaillons alors c’est nous qui pouvons décider de mener le combat jusqu’au bout. Utilisons nos outils de lutte : réunions d’information syndicale, assemblées générales, caisses de grève pour les collègues les plus précaires.

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Le gouvernement plus autoritaire que jamais : contre leur école du tri social et pour un plan d’urgence, seule la lutte paie !

Les travailleur·euses de la fonction publique ont défilé dans les rues pour dire non à l’austérité et à la casse des services publics. Les personnels de l’Éducation Nationale ont pris part à cette journée de grève et ont grossi les rangs des manifestant·es scandant le rejet des réformes mortifères de ces dernières années.  Le gouvernement campe, pour l’instant, sur ses positions. A nous de le faire reculer !

Partout les manques et dysfonctionnements d’un système scolaire public à bout de souffle, sautent aux yeux. Les personnels, les élèves et les familles du 93 ont mis en lumière les conditions indignes dans lesquels se trouvent les établissements des quartiers populaires. Une situation d’autant plus choquante et inacceptable quand le décalage est flagrant avec les établissements privés destinés à une élite privilégiée.

Le gouvernement est de nouveau passé en force pour appliquer sa dernière réforme managériale et réactionnaire du « choc des savoirs ». Cette énième attaque fait système avec les réformes successives (parcours sup, réforme du bac et désorganisation du lycée général, casse de la voie pro, loi Rilhac sur les directions d’école…) et dessine une école toujours plus inégalitaire.

Enseignant·es, parents, élèves : nous ne voulons pas de cette école du tri scolaire et social ! Nous voulons des moyens pour des conditions d’étude dignes pour les élèves, pour des salaires dignes pour les personnels !

Suivant le principe autogestionnaire que nous mettons en avant depuis des années, nous rappelons que c’est nous, enseignant·es, personnels de vie scolaire, AESH, psy-EN… qui travaillons alors c’est nous qui décidons ! Continuons de nous mobiliser et décidons à la base, dans les assemblées générales, en réunions d’info syndicale des suites du mouvement. Préparons la grève reconductible et multiplions les actions : écoles, collèges et lycées morts, réunions publiques, rassemblements et manifestations…

Avec la CNT-SO, nous revendiquons :

– un grand plan d’urgence pour l’école : baisse des effectifs par classe et par établissement, ouverture d’écoles et d’établissements scolaires, création massive de postes de titulaires (enseignant·es, personnels de santé et du service social, personnels de vie scolaire, psy-EN…), fin des statuts précaires par la titularisation

– le maintien et le renforcement de l’éducation prioritaire, en intégrant les lycées

– des moyens à la hauteur pour une véritable politique d’inclusion à l’école et pour aider les élèves en difficulté 

– des moyens pour des heures d’éducation à la sexualité et à la vie effective

– l’abandon de la réforme du lycée, de la transformation de la voie pro, du « choc des savoirs », l’abandon de Parcoursup

– la suppression du Pacte, des heures supplémentaires obligatoires et une vraie hausse des salaires pour l’ensemble des personnels

– l’égalité de traitement face aux primes REP/REP+ pour tous les personnels ; l’indexation du point d’indice sur l’inflation

– le rattrapage des inégalités salariales des femmes sur l’ensemble de leur carrière, un véritable plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail

– pour les AESH : la titularisation sans condition d’ancienneté, ni de nationalité dans un nouveau corps de la fonction publique. L’abandon des PIAL.

– pour les AED, la titularisation sans condition de concours, d’ancienneté ni de nationalité de tous·tes les AED dans un corps de fonctionnaires par la création d’un métier d’éducateur·trice scolaire

– l’abandon des classes défense civile et du SNU

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Groupes de « niveaux », groupes de « besoins » : le gouvernement acte le tri social !

Le décret sur le choc des savoirs et le texte d’application viennent d’être publiés les 17 et 18 mars en dépit d’une forte mobilisation dans les collèges le 1er février, d’un refus affirmé dans les conseils d’administration, de mobilisations massives en région parisienne depuis plusieurs semaines. 

C’est un nouveau pas de l’autoritarisme du macronisme qui rejette toute contestation et n’écoute personne. Seul contre tous et toutes, Attal persiste et signe. Les groupes de niveaux-besoins seront mis en place en dépit des différentes preuves scientifiques et des recherches universitaires qui montrent l’échec de ce genre de groupes sur tout l’horaire dédié,  en dépit du refus et de l’expertise des travailleurs et des travailleuses du service public d’enseignement. Les élèves seront triés et le fait de les appeler « groupes de besoins » ne dupe personne. Il s’agit bien de groupes de niveaux masqués. Les équipes pédagogiques de français et de mathématiques sont mises en difficulté et c’est une remise en cause brutale de leur expertise et de leur métier. 

Par exemple un programme de français ne se résume pas à des tâches à appliquer d’orthographe, ou de grammaire. C’est un ensemble, via la notion de séquence décloisonnée qui date de 2000 et qui vise à faire progresser l’élève sur une année, et à faire sens entre la lecture, l’écriture et la langue. Revient-on aux années 90 ? 

Il est demandé aux équipes de se concerter (sur quel temps ?) d’évaluer les besoins (sur quels critères ?), d’avancer à la même vitesse ( on ne peut appliquer le fordisme à une progression pédagogique ! ), et de faire progresser les élèves de la même manière (par quelle magie s’ils et elles ont des niveaux-besoins différents ? ) Et quid des sorties scolaires, des absences d’enseignant.es pour arrêt maladie, sorties ? C’est une mise au pas des élèves et des enseignantes et enseignants. 

Il est demandé l’impossible aux équipes : concertation récurrente non payée, brassage des groupes, reconstitution des groupes, progression commune, évaluations communes, retrouvailles en classe entière. Et la confiance établie par le lien pédagogique au long cours ? Les élèves ne sont pas des légos modulables ! Pire, il est prévu des manuels standardisés clés en mains ! C’est la prolétarisation de la profession réduite à de l’exécution alors qu’on est concepteurs et conceptrices de nos métiers. 

L’alignement des heures désorganiserait les emplois du temps de tous et toutes, mais il n’est plus si clair qu’il faille plus de groupes que de classes : alors imposons le groupe-classe à partir duquel nous travaillerons sur des objectifs communs en prenant en compte les besoins de chacun comme nous le faisons déjà.

D’ores et déjà l’enseignement privé catholique dit ne pas appliquer les textes : au privé le luxe de l’hétérogénéité, au public la sentence du tri. Nous refusons que l’école publique soit bradée de la sorte et réduite à une école de groupes de tri pour pauvres. 

Jusqu’à présent nos métiers avaient du sens : faire progresser tous les élèves et élaborer une culture commune un tant soit peu émancipatrice. A présent on nous demande d’être le bras armé du capital : trier les élèves selon leur niveau scolaire corrélé à leur origine sociale. Le BO a beau affirmer l’inverse, ce n’est pas ce qui se passera si les groupes de besoins-niveaux se mettent en place.

Ne nous trompons pas : derrière la rhétorique macroniste qui prétend « combler les inégalités scolaires », il s’agit d’empêcher de progresser les élèves des classes populaires, de les trier et une fois le brevet non obtenu de les reléguer à l’apprentissage et dans le monde brutal du travail dès 15 ans. En effet, sans brevet : pas de lycée ni général, ni technologique, ni professionnel. Moins d’élèves dans ces trois voies, ce sont autant d’heures qui seront supprimées par manque d’élèves (192.000 n’ont pas le brevet chaque année, et peut-être plus à venir selon les dernières déclarations d’Attal).

C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons : imposons les groupes-classes selon notre expertise avec une hétérogénéité harmonieuse, refusons que des heures soient prises sur d’autres dispositifs et à d’autres disciplines, organisons des heures d’information syndicale, des actions avec les parents, des collèges morts, des marches communes vers les rectorats. 

Non à l’école d’Attal et du tri social !

Pour une culture commune et une réelle démocratisation scolaire !

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Mobilisons-nous pour un plan d’urgence et contre l’école du tri social ! Imposons le choc de la lutte !

Lors de la grève du 1er février les personnels ont dit non aux mesures Attal, au renforcement du tri social derrière la formule du « choc des savoir » et des groupes de niveaux, non à la réforme de la voie pro, non aux moyens et salaires insuffisants, à la précarisation, non à la militarisation et à l’uniformisation de la jeunesse.

Les DHG d’établissements ont continué de tomber, matérialisant un peu plus la politique de casse de l’école publique. Ensuite, c’est au tour de Bruno Le Maire d’annoncer les énièmes saignées. Le ministre de l’économie viendrait de se rendre compte qu’il n’a plus les moyens des ambitions, déjà pas bien hautes, du dernier budget de l’éducation : ce sera 700 millions en moins !

Les personnels du 93, dès la rentrée de leur zone, ont ouvert la voie de lutte (grèves reconductibles, assemblées générales départementales…). Depuis, les départements du 94, 95 et 78 leur ont emboité le pas. Ils doivent nous servir de modèle !

Mobilisons-nous sans attendre ! C’est bien nous, enseignant·es, AED, AESH, personnels santé-sociaux, administratifs, etc. qui faisons fonctionner l’école. C’est nous qui travaillons alors c’est nous qui pouvons décider de mener le combat jusqu’au bout. Utilisons nos outils de lutte : réunions d’information syndicale, assemblées générales, caisses de grève pour les collègues les plus précaires. 

La grève féministe du  8 mars doit servir d’amorce : dans notre secteur, les femmes sont surreprésentées parmi les emplois les plus précarisés. La semaine du 11 mars (rentrée de la dernière zone), la CNT-SO soutiendra toutes les initiatives qui permettront d’élargir la lutte : AG d’établissement, HIS, RIS doivent servir de point d’appui pour construire les grèves, reconduites démocratiquement. La grève de la Fonction publique du 19 mars doit être massive. Discutons rapidement de la reconduction du mouvement : il faut frapper fort et gagner !

Avec la CNT-SO, nous revendiquons :

– un grand plan d’urgence pour l’école : baisse des effectifs par classe et par établissement, ouverture d’écoles et d’établissements scolaires, création massive de postes de titulaires (enseignant·es, personnels de santé et du service social, personnels de vie scolaire, psy-EN…), fin des statuts précaires par la titularisation

– le maintien et le renforcement de l’éducation prioritaire, en intégrant les lycées

– des moyens à la hauteur pour une véritable politique d’inclusion à l’école et pour aider les élèves en difficulté 

– des moyens pour des heures d’éducation à la sexualité et à la vie effective

– l’abandon de la réforme du lycée, de la transformation de la voie pro, du « choc des savoirs », l’abandon de Parcoursup

– la suppression du Pacte, des heures supplémentaires obligatoires et une vraie hausse des salaires pour l’ensemble des personnels

– l’égalité de traitement face aux primes REP/REP+ pour tous les personnels ; l’indexation du point d’indice sur l’inflation

– le rattrapage des inégalités salariales des femmes sur l’ensemble de leur carrière, un véritable plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail

– pour les AESH : la titularisation sans condition d’ancienneté, ni de nationalité dans un nouveau corps de la fonction publique. L’abandon des PIAL.

– pour les AED, la titularisation sans condition de concours, d’ancienneté ni de nationalité de tous·tes les AED dans un corps de fonctionnaires par la création d’un métier d’éducateur·trice scolaire

– l’abandon des classes défense civile et du SNU

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Premiere Page Présentation

Dans l’éducation, comme ailleurs, on a toujours raison de se syndiquer ! Présentation du secteur éducation de la CNT-SO

Réformes nocives pour les élèves, conditions de travail qui se détériorent pour les personnels, précarisation toujours grimpante et attaque contre les statuts… Voilà le bilan de trop d’années d’attaques libérales contre l’école publique. Il va falloir se retrousser les manches pour inverser la tendance ! Une seule solution : la force collective ! Rejoignez-nous pour construire ensemble un outil de lutte, de solidarité et de défense au service de l’intérêt collectif, porteur de progrès pédagogiques et d’un projet de transformation sociale !

Qu’est devenue l’école publique après toutes ces années de politique libérale ?

Un lieu où les inégalités se renforcent et la sélection fait rage ; un lieu où la gestion managériale détruit nos droits et nos conditions de travail ; un lieu où la République devient la revendication d’une rhétorique nationaliste récurrente et insidieuse. Les réformes successives entraînent l’école toujours plus loin sur un modèle libéral, inégalitaire et autoritaire.

Que voulons nous qu’elle devienne ?

Une école solidaire à l’opposé des inégalités actuelles et loin de tout rapport de domination : une école émancipatrice, débarrassée de l’autoritarisme et de l’individualisme ! Une autre école qui s’inscrit dans un projet plus large de transformation sociale. Pour cette école, nous devons continuer à lutter contre les réformes antisociales et le sentiment d’impuissance qu’elles provoquent !

Il est temps de développer, à la base, un modèle alternatif qui revient aux fondamentaux du syndicalisme. C’est le sens de l’engagement quotidien de la CNT-Solidarité Ouvrière. Rejoignez-nous pour construire ensemble un outil de lutte, de solidarité et de défense au service de l’intérêt collectif, porteur de progrès pédagogiques et d’un projet de transformation sociale !

Un syndicat pourquoi faire ?

  • Ne pas rester isolé·e en cas de soucis avec sa hiérarchie !
  • Connaître ses droits… et en gagner d’autres !
  • Opposer à la résignation et au défaitisme la solidarité et la force collective !
  • Se former !
  • Réfléchir ensemble à une autre école, solidaire et émancipatrice !

Faire le choix de la CNT-Solidarité Ouvrière, c’est développer une alternative syndicale !

Refus du corporatisme. Nos syndicats regroupent dans une structure unique les travailleur·euses de la maternelle à l’université, sans distinction de métiers ou de statuts. Personnels administratifs et agent·es, personnels d’enseignement et d’éducation : on travaille ensemble, on lutte ensemble ! Pour nous la lutte syndicale ne peut se restreindre à un seul secteur. Notre syndicat est interprofessionnel.

Indépendance et autogestion. Nous refusons les décharges du ministère, nous fonctionnons uniquement avec les cotisations des adhérent·es, les décisions sont prises en AG de syndicat, nos mandaté·es sont révocables.

Un outil de coordination aux services des luttes. C’est en luttant que nous obtiendrons de nouveaux droits !

Un syndicalisme révolutionnaire. Défendre nos conditions de travail, gagner de nouveaux droits, c’est le rôle du syndicalisme. Mais nous revendiquons aussi une autre école. Nous militons pour une école émancipatrice s’inscrivant dans un projet plus large de transformation sociale.

Alors concrètement on s’organise comment sur le terrain ?

Dans nos établissements, dans les circos ou les réseaux, réunissons nous sans distinction de statuts pour débattre et organiser ensemble la défense et l’amélioration de nos conditions de travail. Les moyens d’actions ne manquent pas : motions à destination de la hiérarchie ou des collectivités, occupations, grèves…

Les derniers gouvernements ont tout fait pour casser l’école publique et appliquer les principes libéraux à l’éducation : individualisation des parcours, remise en cause du collège unique, fin du bac national, réforme de la voie pro, processus de sélection par Parcoursup puis à l’université. La gestion managériale affecte tous les niveaux : mise en place du Pacte, loi Rilhac qui instaure une hiérachie intermédiaire dans les écoles, mise en concurrence des établissements et des collègues par les CLA dans le secondaire, démantèlement de l’éducation prioritaire, autoévaluation des équipes pédagogiques. Combattons ces logiques et ces dispositifs !

Il faut s’opposer à la précarisation toujours croissante des travailleur·euses de l’éducation : profs contractuel·les en alternance, job dating, gestion des AESH au sein des PIAL… Refusons les heures supplémentaires pour favoriser la création de postes ! Exigeons la titularisation de tous les personnels précaires ! Imposons des conditions salariales dignes pour tous les personnels de l’éducation !

La dérive managériale, ce sont aussi des injonctions et un contrôle permanent qui réduisent nos libertés pédagogiques et uniformisent nos pratiques : socle commun et livrets de compétences, évaluations nationales… Il est nécessaire de promouvoir des alternatives pédagogiques, coopératives, pour l’épanouissement des élèves : comme on disait jadis, il faut « éduquer pour émanciper », « instruire pour révolter » ! En ce sens nous participons régulièrement à l’organisation de stages ouverts à tous·toutes articulant questions pédagogiques et syndicales. Le syndicat est aussi un espace de formation !

Ces dernières années nous avons pu pointer du doigt les dérives autoritaires et managériales de l’institution :, répression des mouvements de lutte, harcèlement administratif de collègues et d’équipes militant·es etc. La force collective est la meilleure façon de les combattre !

Le droit syndical

Le panneau syndical : Premier contact avec le syndicalisme dans les services ou établissements, il vous permet de suivre l’actualité sectorielle ou interprofessionnelle et les différentes actions revendicatives en cours.

Les réunions : Dans le second degré, chaque personnel (syndiqué·e ou non) a le droit de participer, sur son temps de travail, à une heure d’information syndicale (HIS) par mois. Dans le 1er degré, une demi-journée d’information syndicale a lieu chaque trimestre (RIS). Les personnels peuvent aussi se réunir librement sur leurs lieux de travail, en dehors des heures de services.

Il est plus que nécessaire de participer à ces réunions en y donnant son avis, en partageant ses problèmes liés à son métier, pour y élaborer des revendications et des actions collectives.

Rappel : tous les personnels, titulaires ou précaires, ont le droit de participer aux réunions d’information syndicale, tout comme ils·elles ont le droit de se syndiquer, de faire grève. Il faut absolument soutenir les collègues précaires s’ils subissent une quelconque pression.

Les Assemblées générales à la base de nos luttes

Lors des mouvements revendicatifs, nous privilégions l’Assemblée Générale des personnels comme lieu de décision. Ouverte à tous les personnels, syndiqué·es ou non, elle offre la possibilité à chacun de s’exprimer et de participer pleinement à la lutte, et permet de prendre collectivement une décision. La base, les travailleurs et travailleuses, décide. Plus le nombre de grévistes est important à l’Assemblée Générale, plus elle est légitime. Les décisions qui en émanent doivent primer dans toute discussion avec ceux et celles « d’en haut ». C’est nous qui travaillons c’est nous qui décidons !

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Encore et toujours l’austérité au programme : mobilisons-nous pour un plan d’urgence pour l’éducation !

Le 1er février dernier l’ensemble de la communauté éducative (enseignant·es, personnels administratifs, assistant·es d’éducation, AESH…) a fait grève massivement et a fait entendre sa voix pour demander, entre autre, un véritable plan d’urgence pour l’éducation au regard des nombreuses difficultés qui accablent l’école publique : crise du recrutement, salaires très peu revalorisés et pas pour tout le monde notamment les plus précaires, conditions de travail dégradées avec des classes surchargées, déploiement d’une école du tri scolaire et social avec les réformes de la voie professionnelle, celle du « choc des savoirs » et des catastrophiques groupes de niveaux.  

La réponse du gouvernement a tout d’abord été le mépris : aucune prise de parole institutionnelle aux problèmes soulevés dans les mots d’ordre de la grève. Puis une nouvelle ministre a chassé la précédente. Le mépris s’est poursuivi puisque cette dernière n’a pas eu un mot pour les personnels depuis sa prise de fonction.

Le summum a été atteint dimanche 18 février avec l’annonce brutale par le ministre de l’économie d’un vaste plan d’austérité budgétaire qui va principalement porter sur les dépenses liées à l’éducation, l’enseignement supérieur. C’est près de 700 millions d’euros qui vont être pris sur le budget de l’éducation nationale. Ces annonces sont complètement injustes et injustifiables tant elles sont à rebours de l’intérêt commun.

Nous refusons d’être la variable d’ajustement budgétaire. En effet cette coupe sombre dans les dépenses dévolues aux services publics répond à l’injonction de réduction des déficits publics contenue dans les traités européens. Plutôt que d’augmenter les impôts des plus riches et des grandes entreprises, l’exécutif fait porter les « efforts budgétaires », des sacrifices en fait, sur l’ensemble de la population, et en particulier les plus faibles. Pourtant d’autres solutions pour récupérer ces milliards sont envisageables, à commencer par la fin des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises. Celles-ci font des superprofits et abreuvent leurs actionnaires de superdividendes chaque année. Partageons donc ces profits-là. Ils nous reviennent. Que l’État arrête ces gaspillages pour des intérêts privés car le plan d’austérité annoncé va se traduire par la suppression de centaines de postes d’enseignant·es et d’assistant·es d’éducation (suppressions de postes déjà engagées avant cette annonce, en particulier dans les zones rurales) et d’AESH.

Au contraire, nous continuons de réclamer un plan de recrutement massif et des moyens un service public d’enseignement et pour une véritable démocratisation scolaire. 

Pour un plan d’urgence pour l’éducation, pour une école émancipatrice : toutes et tous en grève le 19 mars ! Et après on s’organise pour la suite du mouvement !

Soutien aux collègues en grève et en lutte dans le 93 depuis le 26 février à l’appel de l’intersyndicale !

8 mars :  journée internationale de lutte pour les droits des femmes : soyons toutes et tous en grève féministe !

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8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes : soyons toutes et tous en grève féministe !

La CNT-SO appelle à se mobiliser massivement pour la « journée internationale de lutte pour les droits des femmes » et la grève féministe du 8 mars 2024.

Nous serons en grève et dans la rue :

  •  Parce que malgré les droits arrachés, l’égalité réelle entre femmes et hommes butte toujours sur l’idéologie patriarcale de nos sociétés, rien n’est encore totalement acquis.
  •  Parce que malgré la libération de la parole des victimes ces dernières années, les violences sont toujours là, dans nos lieux de vie comme de travail : parole sexiste, harcèlement sexuel, agressions sexuelles, emprise, contrôle coercitif, menaces, viols, violences conjugales, féminicides… 0,6 % des plaintes pour violences sexuelles aboutissent à une condamnation. La justice reste une injustice de genre. 
  •  Parce que certaines d’entre nous, en plus de l’oppression de genre, doivent subir d’autres discriminations : racisme, transphobie ou lesbophobie ; des conditions de vie dégradées et un déni de droits car sans-papiers ou migrantes.
  • Parce que le « réarmement démographique » souhaitée par Macron voudrait priver les femmes de leurs choix et confond plan de santé publique contre l’infertilité et politique réactionnaire et nataliste oppressive.
  •  Parce que ces dernières années, les femmes ont subi de plein fouet la crise sanitaire et sont particulièrement touchées par la réforme des retraites et toutes les attaques contre le service public ou contre les droits au chômage. C’est indirectement une guerre sociale qui est menée contre les femmes.
  • Parce que la montée du masculinisme infuse malheureusement auprès de certains élèves via des influenceurs d’extrême-droite qui revendiquent la domination masculine et les inégalités de genre. Le réseau Parents Vigilants, créé par Zemmour, harcèle des collègues, ainsi que d’autres franges réactionnaires qui s’en prennent à l’éducation à la sexualité et vie affective.

Dans notre secteur, comme ailleurs : précarité et violences sexistes et sexuelles

La nomination d’Amélie Oudéa-Castéra à la tête du ministère a été violente pour ceux et celles qui portent les valeurs féministes de l’égalité. A travers les choix personnels de la ministre (mais ici ses choix sont politiques !), ce sont les valeurs réactionnaires et mortifères (anti-avortement, sexisme, inégalités filles-garçons, homophobie…) qui ont été révélées.

Dans notre secteur, les femmes sont surreprésentées parmi les emplois les plus précarisés (à titre d’exemple, plus de 90% des AESH sont des femmes) : la conséquence c’est la pauvreté et la multiplication des boulots pour joindre les deux bouts. Il n’échappe évidemment pas non plus aux violences sexistes et sexuelles. Dans les faits, ce qui est prévu par la Circulaire du 9 mars relative à la lutte contre les VSS dans la fonction publique (Axe 1 : informer/sensibiliser, traiter les situations de VSS, Axe 2 : protéger et accompagner les victimes, Axe 3 : sanctionner les auteurs de VSS) est peu ou pas mis en place.

La grève féministe : pourquoi ?

Au travail ou dans la sphère domestique, nous assurons des taches essentielles au fonctionnement de la société, en partie de manière invisible et non-rémunérée. Faire la grève dans toutes ces sphères c’est nous visibiliser en grippant la machine ! Ces dernières années, la grève féministe a été l’occasion de mobilisations de rue massives en Espagne, en Suisse, en Pologne, au Chili, en Argentine, au Mexique… En France aussi soyons nombreuses et nombreux et participons massivement aux initiatives du 8 mars !

Le combat féministe est un combat de classe !

Les inégalités sexistes structurelles dominent toujours dans le monde du travail : inégalités salariales, précarité, temps partiels imposés, sur-représentation dans les métiers « domestiques » mal payés… Le capitalisme sait tirer profit de la situation d’oppression des femmes autant qu’il la renforce !

C’est tout un système social basé sur les différences de classes sociales, le racisme, l’exploitation et l’oppression que nous devons déconstruire. Notre combat s’articule avec celui pour l’émancipation globale et la construction d’une société égalitaire !

Dans notre secteur, dans l’immédiat, mobilisons-nous :

– Pour le droit de travailler dans des conditions sécures : sans harcèlement, sans violences sexistes et sexuelles. Pour plus de moyens pour la lutte contre les VSS.

– Pour une augmentation des salaires, le dégel du point d’indice avec rattrapage sur les années passées. 

– Pour une véritable prise en compte des questions de santé menstruelle et des maladies comme l’endométriose ou le cancer du sein.

– Pour un allongement du congé maternité, et du congé paternité et d’accueil de l’enfant de 4 mois dont deux obligatoires après la naissance (rémunéré intégralement).

– Pour un meilleur accompagnement en cas de parentalité : aménagement des emplois du temps pour les mères de familles.

– Pour une véritable réflexion et des moyens pour l’éducation à l’égalité garçons/filles. 

– Pour un travail sur la mixité des filières et parcours. En lycée professionnel, il faut tout mettre en œuvre pour dégenrer les formations et combattre la reproduction des stéréotypes de genre.

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Contre l’école du tri social, pour un véritable plan d’urgence : construisons un mouvement de grève massif !

Avec la CNT-SO nous soutenons l’appel à la grève pour le 1er février 2024. Nous appelons les personnels à construire les bases d’un mouvement global du secteur de l’éducation pour obtenir un véritable plan d’urgence pour l’école. Organisons-nous durant les heures d’info syndicale, les réunions d’info syndicale et les assemblées générales. Au-delà des questions de moyens, c’est à un projet réactionnaire, ultralibéral, celui d’une école du tri social auquel nous devons barrer la route.

Opposons-nous à leur école du tri social !

Les classes ghetto avec les groupes de niveaux accentueront les inégalités scolaires et désorganiseront les collèges, la « réforme » de la voie professionnelle fait des élèves de la simple chaire à patron, les prive de temps d’école et soumet le lycée professionnel aux exigences des entreprises. Ainsi, l’école voulue par le président Macron, est à deux vitesses et assume de laisser de côté les plus fragiles scolairement et socialement.

Non à leur vision réactionnaire !

Le gouvernement ne propose aucune solution aux problèmes du système éducatif mais fait de l’affichage politicien. La polémique sur les abayas, la volonté de rendre obligatoire le Service National Universel, l’expérimentation de l’uniforme à l’école sorte de gadget réactionnaire, les formules comme « le choc des savoirs » sont des stratégies de diversion démagogiques qui flattent le déclinisme ambiant en faisant croire au mythe d’une école qui aurait été mieux avant. 

La loi immigration, qui vient d’être votée avec la droite et l’extrême droite, montre d’ailleurs très clairement la dérive raciste et xénophobe du gouvernement qui accompagne ces mesures réactionnaires pour l’école. En remettant en cause l’égalité des droits et en instaurant des éléments de « préférence nationale » sur l’attribution des droits sociaux, cette loi va précariser la vie de milliers d’étranger·ères et aura forcément un impact sur une partie de nos élèves déjà fragilisé·es. 

Les termes martiaux du « réarmement civique » prononcés le 31 décembre sont dangereux. L’école n’a pas à fabriquer de bons petits soldats. C’est un projet patriotique qui se dessine là. 

Pour un plan d’urgence pour l’Education !

Le ministre a annoncé en grande pompe, l’annulation de la suppression des 2440 ETP d’enseignant·es, prévue au PLF 2024. Avec encore 650 postes supprimés pour le primaire et à peine 594 ETP créés dans le secondaire, après 7 ans de baisse et avec de nombreux dispositifs à financer, on est encore loin de l’abondance ! C’est pourquoi nous devons continuer à revendiquer un plan d’urgence pour l’éducation. Cela passe par un plan de recrutement de titulaires : plus d’enseignant·es sont nécessaire pour diminuer le nombre d’élèves par classeet rebâtir un système de remplacement efficace avec des titulaires remplaçant.es suffisant.es ; un recrutement de personnels de santé-sociaux pour une vraie politique de prévention et de soins dans les établissements ;  un recrutement de personnels  de vie scolaire (AED et CPE) pour mieux accompagner les élèves au quotidien ; un recrutement de personnels administratifs notamment pour l’aide aux directions dans le primaire et les secrétariats du secondaire. Cela nécessite la titularisation des personnels précaires et la pérennisation des missions AED et AESH par la création d’un nouveau corps de la fonction publique. Cela implique aussi des investissements matériels : rénovation du bâti, constructions d’établissements, équipement informatique…

Il faut augmenter les salaires et mettre fin au précariat dans l’Education nationale !

On se demande bien comment le ministère compte recruter alors que le choc d’attractivité et la revalorisation du métier d’enseignant·e ont fait long feu. Le recours massif aux contractuel·les fait que de plus en plus de personnels enseignants sont précaires et vulnérables face aux conditions de travail et au management. Les revalorisations sont bien éloignées de la promesse de Macron des 10% d’augmentation. Les plus précaires, les plus bas salaires (AED, AESH, contractuel·les) sont des travailleurs et travailleuses pauvres. Les seules solutions proposées ont été du management libéral et le « Pacte » qui consiste à travailler davantage et au mérite. 

Une vraie revalorisation pour tous·tes est urgente, notamment pour les catégories B et C ou les personnels non-titulaires qui bénéficient peu des évolutions liées à l’ancienneté. 

Seule la lutte paie !

Dans l’agglomération lyonnaise, plusieurs lycées ont fait grève pour exiger l’élargissement de la carte de l’éducation prioritaire à ces établissements. 

Dans le 93, les personnels ont commencé à jeter les bases d’un grand mouvement de grève. L’objectif est d’obtenir au moins 2000 postes supplémentaires (enseignant·es, personnels de vie scolaire, personnels de santé et du service social…).

La lutte paie : pour se donner du courage et de la force, il faut se rappeler du précédent de l’année 1998. Dans ce même département, les personnels en lutte avaient obtenu 3000 postes supplémentaires sur 3 ans. La lutte avait été longue mais elle avait payé.

Avec la CNT-SO, nous revendiquons :

    – un grand plan d’urgence pour l’école : baisse des effectifs par classe et établissement, ouverture d’écoles et d’établissements scolaires, création massive de postes de titulaires (enseignant·es, personnels de santé et du service social, personnels de vie scolaire, psy-EN…), fin des statuts précaires par la titularisation

    – le maintien et le renforcement de l’éducation prioritaire, en intégrant les lycées

    – des moyens à la hauteur pour une véritable politique d’inclusion à l’école et pour aider les élèves en difficulté 

    -des moyens pour des heures d’éducation à la sexualité et à la vie effective

    – l’abandon des réformes Blanquer-Macron (réforme du lycée, transformation de la voie pro, « choc des savoirs », l’abandon de Parcoursup)

    – la suppression du Pacte, des heures supplémentaires obligatoires, et une vraie hausse des salaires pour l’ensemble des personnels

    – l’égalité de traitement face aux primes REP/REP+ pour tous les personnels ; l’indexation du point d’indice sur l’inflation

    – le rattrapage des inégalités salariales femmes/hommes sur l’ensemble de la carrière, un véritable plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail

    – pour les AESH : la titularisation sans condition d’ancienneté, ni de nationalité dans un nouveau corps de la fonction publique. L’abandon des PIAL.

    – pour les AED, la titularisation sans condition de concours, d’ancienneté ni de nationalité de tous·tes les AED dans un corps de fonctionnaires par la création d’un métier d’éducateur·trice scolaire

    – l’abandon des classes défense civile et du SNU

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La sélection à l’université, c’est quoi ?

Communiqué du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier, affilié à la CNT-SO.

On parle souvent de “sélection” à l’université.  Mais finalement, que signifie concrètement cette “sélection” pour les étudiantes et étudiants ? Qui est sélectionné ? Sur quels critères ? Par qui ?

Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) t’explique tout, point par point.

Principe : 

Dans l’enseignement supérieur, l’accès à l’année supérieure d’étude est conditionnée à la réussite lors de l’année précédente. Cette réussite est soldée par l’obtention d’un diplôme, qui est censé attester des connaissances et compétences acquises précédemment. 

Ainsi l’accès à la première année de Licence est conditionné par l’obtention du diplôme du Baccalauréat, et l’accès à la première année de Master est conditionné à l’obtention du diplôme de Licence.

Problème : 

Depuis 2017, un processus de sélection supplémentaire s’est ajouté en Master, ce qui n’en garantit plus l’accès, même pour celles et ceux qui ont le diplôme de Licence correspondant. Cette sélection en Master a été encore restreinte en 2023 avec la mise en place de la plateforme nationale “MonMaster”.

En 2018, la mise en place de Parcoursup a été un véritable bouleversement : avant 2018, toute personne qui avait un Baccalauréat pouvait librement s’inscrire à l’université. Depuis 2018, des milliers de néo-bacheliers se retrouvent sans aucune affectation en Licence à chaque rentrée de septembre.

Comment ça se passe ?

Le diplôme ne suffit donc plus pour être admis en Master. Et même de bonnes notes en Licence ne garantissent pas l’accès au Master.  A l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, sur 29701 vœux faits en Master 1, seulement 6480 réponses ont été favorables. Cela signifie que seules 21,82% des demandes en Master sont acceptées. 

Quels critères de sélection ?

C’est l’ensemble de la scolarité universitaire qui est prise en compte, ce qui discrimine de façon injuste celles et ceux qui se sont réorientés ou qui ont redoublé. Le droit à l’erreur et la possibilité de construire soi-même son propre parcours, même sinueux, n’existe plus. N’oublions pas aussi que beaucoup d’enseignants mettent de façon arbitraire des “malus” sur les notations du semestre, qui ne sont pas basés sur le niveau, mais sur des appréciations subjectives comme les absences à des TD ou encore la “participation” en cours.

Mais même avec un parcours universitaire sans fautes et des notes élevées, la probabilité d’être refusé en Master est très élevée (on rappelle que seules 21,82% des demandes sont acceptées). Surtout, les étudiants diplômés d’une Licence à l’université Paul-Valéry sont mis en concurrence avec les étudiants de toute la France qui candidatent aussi à l’université Paul-Valéry. De plus, certains autres critères discriminants entrent en jeu, comme les établissements scolaires d’origine (lycée, université). Pire, une étude nationale de l’ONDES (Observatoire National des Discriminations et de l’Égalité dans le Supérieur) datant de 2023 a démontré une discrimination généralisée basée sur l’origine supposée des candidates et candidats à l’entrée Master : les étudiantes et étudiants avec des noms à consonnance maghrébine et subsaharienne ont 12% de chances en moins d’obtenir une réponse que les autres étudiantes et étudiants.

Il s’agit ici bien souvent d’une logique élitiste : les personnes issues de milieux favorisés économiquement ou administrativement seront toujours prises en priorité. L’université assume ici, et de façon de plus en plus exacerbée, un rôle de reproduction sociale et non l’ambition officielle “d’ascenseur social”. 

La valeur du diplôme ?

Souvent, lorsqu’on parle de sélection à l’université, la notion de “valeur du diplôme” fait son apparition dans le débat. Nous rappelons un fait simple : la valeur d’un cursus universitaire et du diplôme correspondant n’est pas lié au nombre de personnes diplômées, mais à la qualité des enseignements. Un Master avec 10 places mais avec des enseignements médiocres donnera toujours un diplôme avec moins de “valeur” qu’un Master avec 100 places et des enseignements de qualité.

De plus, l’ajout d’une sélection à l’entrée de la Licence et du Master a pour effet de dévaloriser les diplômes du Baccalauréat et de la Licence. En effet, si une nouvelle sélection est appliquée en plus de ces deux diplômes, c’est qu’au final les enseignants qui gèrent cette sélection considèrent qu’ils ne valent rien. Par effet domino cela entraîne donc une dévalorisation de l’image de ces diplômes, et donc une perte de valeur dans le monde professionnel. Qui va avoir confiance en une Licence, si même l’université qui enseigne cette Licence n’a pas confiance en ce diplôme ?

Qui décide ?

Depuis les dernières réformes gouvernementales, les critères de sélection et le nombre de places dans chaque formations sont décidés au sein même de chaque université par les enseignants. Ce sont ces derniers qui décident quels étudiantes et étudiants ils acceptent ou refusent. Et ce sont eux qui font remonter aux instances de l’université les critères de refus ainsi que le nombre de places qu’ils veulent dans les Master qu’ils dirigent. Ensuite, ce sont les instances de l’université, en majorité composées d’enseignants et de personnels, qui votent ces différentes modalités : le Conseil des Etudes/Formation et de la Vie Universitaire (CEVU/CFVU) et le Conseil d’Administration (CA). 

L’ironie et la cruauté de la sélection en Master réside aussi dans ce fait : ce sont les enseignants qui rejettent de l’université leurs propres étudiants, à qui ils avaient pourtant donné le diplôme de Licence.

Quelles conséquences ?

Lorsqu’on est refusé en Licence ou Master, les conséquences sont réelles et très importantes. Les étudiantes et étudiants refusés se retrouvent “sans-fac”, donc sans inscription et sans possibilité de continuer leur cursus. Ils ne peuvent donc plus préparer et passer le diplôme supérieur. Comme ils ont perdu leur statut étudiant, ils perdent ainsi tous leurs droits à bénéficier d’une bourse, d’aides ponctuelles du CROUS et même d’un logement en cité universitaire. Pour les étudiantes et étudiants internationaux, la perte du statut étudiant entraîne la perte du visa d’étude. Ils se retrouvent ainsi expulsés dans leur pays d’origine, sans avoir pu préparer le diplôme pour lequel ils étaient venus.

D’un point de vue plus large, dans un contexte de précarisation du marché du travail, lorsque des étudiantes et étudiants sont privés de la possibilité de préparer un diplôme, ils se retrouveront encore moins outillés pour leur insertion professionnelle. La sélection apparaît ici comme un outil d’appauvrissement des futurs salariées et salariés.

Comment agir ?

D’un point de vue individuel, face à une mise en compétition de tous contre tous qui ne bénéficiera au final à quasiment personne, il apparaît important de favoriser l’entraide : partage de cours, travail en groupe et bienveillance.

Mais les techniques individuelles ne pourront pas régler le problème collectif que pose la sélection à l’université. Si on veut que le Baccalauréat puisse redonner accès à l’université, et que le diplôme de Licence puisse enfin redonner accès au Master correspondant, la solution est donc collective. C’est pour cela que des étudiantes et étudiantes ont créé le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM). L’objectif est de ne pas rester isolés, et d’arriver à obtenir des avancées qui bénéficient à toutes et tous. Ainsi, chaque année, par les mobilisations, le SCUM parvient à obtenir l’inscription de nombreux “sans-fac” dans le cursus de leur choix. Le syndicat obtient aussi régulièrement des hausses de places dans certaines Licences et Master dans les instances où il a des élus

La seule garantie pour qu’un maximum d’étudiantes et d’étudiants conservent la possibilité de poursuivre leurs études, c’est l’investissement de toutes et tous dans les mobilisations gagnantes appelées par le syndicat, et aussi en complément le vote pour les représentants des listes SCUM-Super Chatons Ultra Mignons dans les différentes instances universitaires.

Ensemble, faisons reculer la sélection sociale et luttons pour notre droit à un avenir !

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr