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Austérité, manque de moyens, DHG au rabais, cartes scolaires contractées : la lutte continue !

Depuis plusieurs semaines, dans de nombreux établissements et localités, des grèves et des manifestations s’organisent. Cette mobilisation ne sort pas de nulle part : elle est la conséquence directe d’années de dégradation continue du service public d’éducation dues à des cures d’austérité totalement injustifiées.

Suppressions de postes ou de classes, classes surchargées, manque criant de personnels éducatifs, médico-sociaux et administratifs, conditions d’étude et de travail toujours plus dégradées : la situation est devenue intenable. Et évidemment, la pression est particulièrement intense sur les établissements des quartiers populaires (de nombreux collèges REP et REP+ ont des DHG au rabais).

Dans de nombreuses villes, les personnels se mobilisent et organisent grèves et rassemblements, les lycéen·nes bloquent leurs établissements, descendent dans la rue et posent clairement la question des moyens et des conditions d’enseignement. Le primaire est le plus impacté par les suppressions de postes et prend connaissance après les municipales des cartes scolaires, moteur de nouvelles mobilisations locales.

Dans ce contexte, la CNT-SO Éducation apporte son soutien total à toutes les initiatives locales en cours et à venir. Des journées de grève se construisent à la base dans les établissements ou dans des cadres unitaires locaux dès cette semaine. Il est maintenant temps de porter la question éducative à l’échelle nationale !

Nous appelons à amplifier la dynamique en cours avec une convergence vers le 31 mars : journée nationale de grève dans le primaire et le secondaire qui devra déterminer des suites. Cela passe par la multiplication des assemblées générales dans les établissements, ouvertes à tous·tes les personnels, seules à même de décider démocratiquement des suites du mouvement. Cela passe aussi par la mise en place de coordinations de base, inter-établissements et inter-degrés, pour structurer la mobilisation et construire une réponse collective à la hauteur des attaques.

Nous nous associons aux revendications portées par l’AG des grévistes du 19 mars à Marseille :

  • Annulation des suppressions de postes dans l’Éducation nationale
  • Création massive de postes (enseignants, AED, AESH, personnels médico-sociaux, etc.)
  • Des moyens immédiats pour réhabiliter les établissements (rénovation urgente du bâti, amiante, etc.) et améliorer les conditions de travail et d’étude pour les personnels et les élèves
  • Arrêt des politiques d’austérité dans l’éducation
  • Refus du “choc des savoirs” et des réformes en cours jugées dégradantes pour l’école publique
  • Réaffectation globale des budgets vers l’école plutôt que pour des dépenses militaires
  • Retour d’une véritable politique d’éducation prioritaire avec retour des lycées dans le dispositif

Nous affirmons la nécessité d’une convergence des luttes dans toute l’éducation : de la maternelle à l’université, les problématiques sont liées et doivent être affrontées ensemble. L’intersyndicale éducation doit soutenir sans réserve ces dynamiques de terrain et relayer les initiatives locales.

C’est par la grève, par l’auto-organisation et par l’extension du mouvement que nous pourrons imposer nos revendications. Il est temps d’élargir la lutte, de la renforcer partout et de construire un mouvement d’ensemble capable de faire reculer le gouvernement.

Nous n’aurons que ce que nous prendrons !

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Budget austéritaire, moyens insuffisants : la lutte a commencé, généralisons-la !

Encore une fois, le gouvernement n’a qu’une boussole : l’austérité !

                Ça fait des années que ça dure ; à chaque fois, l’angoissante question revient : combien d’heures, de collègues, d’options, de classes va-t-on perdre ? Ici et là, les nouvelles tombent : ici trente élèves par classe en 4ème, là des compléments de service pour des collègues, ailleurs la perte de deux sixièmes. Des collèges classés REP perdent aussi beaucoup d’heures. Cette année, vu le contexte politico-budgétaire, on se doutait bien que le ministère n’allait pas inverser la tendance. Et on n’a pas été déçu·es. Ainsi, à la rentrée de septembre 2026, ce sont 1891 postes d’enseignant·es dans le premier degré qui pourraient être supprimés, et 1365 dans le second degré.

                En se cachant derrière la baisse de la démographie de manière cynique, l’État montre une fois de plus que ses priorités ne sont pas les nôtres, puisque c’était l’occasion de baisser le nombre d’élèves par classe.

                Alors qu’il faudrait investir massivement dans l’éducation, la santé ou la transition énergétique, Emmanuel Macron préfère annoncer la construction d’un nouveau porte-avions et refuse toujours de taxer les plus riches, quand une note de Bercy indique que plus de 13 000 millionnaires n’ont payé aucun impôt sur le revenu en 2024. Or, sans recettes, pas de dépenses possibles, surtout si la Défense militaire sert de prétexte à ruiner les services publics au nom de « l’effort national ».

                Dans l’Éducation nationale, on est habitué·es à devoir faire toujours plus avec moins, et cette fois encore la saignée est claire et nette. Suppressions d’heures, classes supprimées ou surchargées, menaces sur des options et des dispositifs d’accompagnement : voilà ce que signifient concrètement les « arbitrages » budgétaires imposés à l’Éducation nationale. Chaque année, on essaie de limiter la casse, parfois en s’opposant au vote des DHG, en demandant une audience au rectorat, en faisant grève. Cette année, il va falloir lutter davantage : on ne nous en laisse pas le choix. Organisons, à la base, un mouvement d’ampleur pour arracher un plan d’urgence pour l’École !

                Dans ce marasme, fatigué·es par les grèves d’un jour, victimes des changements de cap incessants dus à la discontinuité ministérielle, nous peinons à mettre sur pied le mouvement national que l’enseignement public mérite. Pour preuve : la réforme du collège et ses groupes de niveaux de Gabriel Attal, mesure phare du macronisme, a été définitivement abrogée ce 12 mars. Cette réforme avait suscité la colère et la désapprobation des personnels et des représentant·es des parents d’élèves. Quel épuisement cela aura occasionné !

Localement, les nouvelles sont bonnes : la lutte a commencé ! Généralisons-la !

                À Lyon, à Marseille, en région parisienne, à Poitiers, etc., la lutte a déjà commencé avec des débrayages, des rassemblements, etc. La semaine prochaine, selon différentes modalités, on sera en grève dans de nombreux établissements. Des rassemblements sont organisés dans de nombreuses villes.

                La CNT-SO Éducation et Recherche apporte tout son soutien aux élèves et aux personnels mobilisé·es actuellement, ainsi qu’à celles et ceux qui les rejoindront. Leur combat est celui de toutes et tous : défendre une éducation publique dotée des moyens nécessaires, au service de l’émancipation et non soumise aux logiques d’économie budgétaire.

Mais pour gagner, il est nécessaire d’élargir la mobilisation. Les attaques contre l’école s’inscrivent dans une offensive plus large contre l’ensemble des services publics et contre le monde du travail. Partout, la même logique est à l’œuvre : réduire les dépenses sociales pour préserver les intérêts des plus riches.

                C’est pourquoi la réponse doit être collective et offensive. Nous appelons à développer les assemblées générales, à construire des cadres de lutte inter-établissements et à préparer un élargissement du mouvement. La grève reste notre arme la plus efficace pour imposer un rapport de force face au gouvernement.

Arrachons un plan d’urgence pour l’École !

                Mobilisons-nous pour obtenir plus de moyens et un plan d’urgence pour l’École : de larges moyens supplémentaires en heures-poste, le renforcement de l’éducation prioritaire avec des seuils fixes et le retour des lycées dans celles-ci ; l’embauche massive de titulaires ; la baisse des effectifs par classe (par exemple : 15 élèves par classe en primaire et au collège en éducation prioritaire, 25 au lycée général et technologique, 12 élèves en CAP au lycée pro, etc.) ; le renforcement des dispositifs comme les classes Ulis, UPE2A, les RASED ; des moyens pour la rénovation du bâti et des équipements, etc.

Contre l’austérité et la casse des services publics, organisons la riposte !

Construisons, à la base, un mouvement fort : c’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !

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Le ministère recule sur les examens de terminale mais la casse du lycée pro public se poursuit ! Ne les laissons pas faire !

Ne crions pas victoire !

Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé il y a quelques jours le retour des examens de terminale à la mi-juin dès 2027. Les collèges vont-ils échapper au cafouillage, à la désorganisation généralisée ? Les élèves vont-ils·elles bénéficier d’un enseignement au sein d’un groupe-classe sur l’année complète ? Peut-on crier victoire ? Certainement pas, puisque le ministre n’abandonne pas l’idée du parcours différencié. « Parcours Y », « parcours personnalisé », « parcours différencié », qu’importe l’intitulé, le projet est le même : faire du tri social et scolaire.

Le ministère opère donc deux ajustements : les épreuves écrites du bac sont repositionnées à la mi-juin et un parcours « personnalisé » (2 semaines de PFMP en plus ou 2 semaines dédiées à la poursuite d’études).

Nos élèves ne sont pas de la chair à patron !

La CNT-SO dénonce avec force les réformes en cours du lycée professionnel, véritables attaques contre les élèves, les personnels et l’avenir même de la formation professionnelle publique. Sous couvert de « rapprochement avec le monde de l’entreprise », le gouvernement organise une dégradation sans précédent des conditions d’apprentissage et de travail.

Nous nous opposons au parcours dit « personnalisé » pour les élèves de terminale : il organise une sélection précoce et éloigne encore davantage les élèves des choix d’orientation réellement libres et accompagnés. Ce dispositif fragilise les parcours, transforme des jeunes en variables d’ajustement et remet en cause l’ambition d’un enseignement professionnel riche, complet et ouvert.

Au sein d’un parcours « différencié » ou non, nous refusons l’augmentation des périodes de stage (ne laissons pas l’entreprise s’occuper de la formation professionnelle publique !), qui dépossède les élèves de temps d’apprentissage en cours, renforce les inégalités sociales et livre toujours plus les jeunes à une logique utilitariste où la main-d’œuvre gratuite tient lieu de formation. Selon les chiffres du ministère (DEPP – Statistique publique de l’éducation), pour la rentrée 2023, pour les CAP et bac pro, plus de 30% des élèves sont issu·es de famille ouvrière ; pour la seconde générale et technologique, ce chiffre tombe à environ 18%. C’est aux élèves qui en ont le plus besoin qu’on supprime des heures d’enseignement. De manière générale, il faut combattre l’idée que la PFMP serait parée de toutes les vertus formatrices pour nos élèves : ils se heurtent à la discrimination et aux violences sexistes et sexuelles, au manque d’encadrement, aux risques liés aux accidents, etc. La CNT-SO s’oppose toujours à la gratification des PFMP, sorte de sous-SMIC aux effets pervers.

Le lycée professionnel n’est pas une agence d’intérim : c’est un lieu d’éducation, d’émancipation et de construction de savoirs. Ainsi, nous continuons de dénoncer les dispositifs AvenirPro et AvenirPro+, menés conjointement avec France Travail et les Missions Locales, à destination des élèves en fin de cursus (ou avant) qui visent « l’insertion » ou se retrouvent « sans solution ». Entendons-nous bien, nous ne voulons pas laisser nos élèves « sans solution », mais nous refusons que la seule boussole du ministère soit celle de l’employabilité.

Mobilisons-nous pour un autre lycée pro public !

Nous devons retrouver les heures d’enseignement perdues avec les contre-réformes récentes. Sans les sacraliser, il faut revenir à un maximum. Même si une réflexion sur les diplômes sanctionnant les parcours est nécessaire et que nous ne les sacralisons pas, il faut revenir, dans l’immédiat, à un maximum d’épreuves ponctuelles et nationales. Il s’agit de préserver la valeur des diplômes et de garantir anonymat et traitement équitable. Toujours dans l’idée de garantir un niveau élevé de qualification, il faut en finir avec l’individualisation des parcours et des compétences, avec le tout CCF.

Si nous combattons l’objectif de soumission des LP aux patronats locaux, d’employabilité immédiate aux « métiers sous tension » pour les élèves, il n’empêche qu’une réflexion sur la valorisation des formations en LP est nécessaire. Il faut développer des filières liées aux enjeux environnementaux et sociaux contemporains. Tout doit être fait pour encourager la poursuite et la réussite d’études.

Plus d’égalité ! Il faut renforcer l’éducation prioritaire, en intégrant les lycées pro : donnons plus à celles et ceux qui en ont le plus besoin. Plus de moyens pour dédoubler les effectifs par exemple, c’est lutter contre les inégalités scolaires. Il faut tout mettre en œuvre pour dégenrer les formations et combattre la reproduction des stéréotypes de genre.

Il faut un plan d’urgence pour les lycées pro ! Il faut ouvrir des établissements, créer des postes de titulaires (enseignant·es, psy EN, infirmier·ères, assistant·es de service social, agent·es administratif·ves, médecins fonctionnaires, vie scolaire, AESH). Il faut baisser les effectifs par classe et par établissement. Les DHG sont connues depuis quelques temps : partout, elles sont inacceptables !

Pour les personnels, exigeons la fin des contrats précaires. Arrachons une hausse des salaires non conditionnée à de nouvelles tâches!

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Non à la militarisation de la jeunesse ! Non à la marche à la guerre !

Une nouvelle étape est franchie dans la militarisation de la jeunesse, avec le retour du service militaire, pour l’instant facultatif, qui viendra supplanter le SNU dès septembre 2026. Ce retour de 25 ans en arrière doit se lire dans le contexte mondial guerrier et autoritaire qui voit s’exacerber les tensions entre puissances pour le contrôle des ressources d’un monde épuisé… Nous devons nous y opposer fermement !

Engagez-vous… ?

Pour vendre un militarisme pas franchement populaire, l’argument est toujours celui de la recherche d’engagement et de sens pour la jeunesse, quitte à abuser du marketing et autres promotions par des youtubeurs douteux.

Déjà, en 2018, Emmanuel Macron, qui voulait à tout prix vendre son Service National Universel (SNU) disait qu’« Il ne s’agi[ssait] pas de réinventer le service militaire mais de donner à la jeunesse de France des causes à défendre, des combats à mener dans les domaines social, environnemental, culturel ». Comme si la « jeunesse de France » avait besoin du paternalisme présidentiel pour s’engager au quotidien : luttes féministes, antiracistes, écologistes, contre les inégalités et dans tous les mouvements sociaux actuels !

En réalité, il s’agit d’enrégimenter la jeunesse ! Depuis l’été 2019 nous avons vu le génie à l’œuvre : les volontaires du SNU ont pu faire des pompes, ânonner en chœur le roman national, chanter la Marseillaise en boucle sous un soleil de plomb et jusqu’à la syncope, subir les brimades voire des agressions d’encadrants dont le processus de recrutement demeure encore aujourd’hui mystérieux. Le tout en polo et casquettes uniformes et devant les caméras pour une communication ostensible. Nous l’avons toujours dit : la jeunesse doit bénéficier d’une politique éducative émancipatrice plutôt que d’une mise au pas généralisée.

Retour dans les casernes

Le SNU n’a jamais attiré massivement et on devrait se réjouir de son abandon définitif au lieu de la généralisation prévue. Seulement voilà, 7 ans plus tard, malgré cet échec, le ton se durcit encore, dans un contexte international guerrier. Ce 12 janvier, le gouvernement a lancé sa campagne de recrutement pour un nouveau service national, volontaire, mais surtout militaire. Si le dispositif concernera initialement 3 000 jeunes de 18 à 25 ans, ce sont bien 42 500 personnes qui devront étoffer les rangs des armées sur le territoire national contre une rémunération brute de 800 € bruts, une année de césure et les vœux Parcoursup préservés. Une aubaine cynique misant sur un contexte social dégradé et peu de débouchés pour les jeunes dans un marché du travail violent et inégalitaire. 

L’objectif, d’après un général, est de les « former à réagir dans des situations inconfortables ». Notons ici tout le talent d’euphémisation déployé par le chef d’Etat-major qui optait pourtant pour un tout autre style quand il appelait, non sans créer la sidération, la France à accepter de « perdre ses enfants » quelques semaines auparavant. Avec ce service volontaire, l’État vise surtout à garnir une masse de réserve, dans laquelle ces jeunes seront versés 5 ans, en vue des guerres qui se préparent. On le voit avec l’exemple ukrainien, et comme en 14, les conflits dévorent toujours les hommes et les femmes en masse.

Un projet de soumission pour la jeunesse

Voilà plusieurs années que les gouvernements successifs souhaitent une seule chose pour nos élèves, qu’ils se « tiennent sages », pour faire référence à des policiers qui avaient mis à genoux des lycéens pensant trois heures en leur tenant ces propos, en 2019 lors du premier mouvement social contre la réforme des retraites.

Ils et elles doivent déjà se couler dans le moule de l’employabilité à tout prix et maintenant voilà qu’on les invite fortement à « inscrire leur action dans le cadre d’un groupe organisé, solidaire, solide, où chacun, quels que soient son origine sociale, son parcours personnel, ses opinions, sa religion, évolue sous un même uniforme selon des principes d’égalité, de fraternité, d’équité et où on récompense le mérite ». Qui peut sérieusement penser que le port de l’uniforme annule les inégalités ? Qui peut penser que l’encasernement compensera les mécanismes de dominations capitalistes, sexistes, racistes et néocolonialistes ? Ça n’était pas vrai à l’époque du service militaire, ce ne sera toujours pas le cas avec sa version « light ». D’ailleurs, depuis 2021, parmi le millier d’engagés qui désertent par an, beaucoup révèlent devant les tribunaux les maltraitances et brimades qu’ils n’ont pas supportées. L’armée est aussi une machine à broyer ses propres « enfants ». Par ailleurs, la porosité avec les idées d’extrême-droite se révèle car d’anciens militaires français s’enrôlent auprès de néo-nazis sur le front Ukrainien.

Militaires hors de nos vies !

Le service national joue à fond le jeu du patriotisme, de la militarisation des corps et des esprits. Plus largement, c’est toute la militarisation de notre quotidien que nous rejetons.

Le gouvernement met ainsi en place une véritable économie de guerre en faveur du complexe militaro-industriel. Entre 2017 et 2025 le budget de la Défense a été augmenté d’environ 20 milliards (budget de 50 milliards en 2025) et l’objectif est de 67 milliards pour 2030. 

Cette course à la militarisation fait aussi écho au martèlement de tout un vocabulaire martial autour du « réarmement », notamment démographique. Les femmes devraient leur corps à la nation et ces politiques natalistes autoritaires reprennent d’ailleurs les idées d’extrême-droite. Le retour du service, abandonné en 1996, vise à habituer la société à l’idée de guerre. Les milliards qui pourraient servir à financer la santé ou l’éducation vont dès lors dans les poches de l’industrie d’armement et justifient l’effort de guerre à fournir et la baisse du budget des services publics.

Aller en classe oui, faire ses classes, non ! 

Il est absolument hors de question que nous nous fassions les relais de cette propagande. Il est déjà insupportable d’imposer à nos élèves des classes défense et sécurité et d’entendre les discours va-t-en-guerre virilistes et pseudo-égalitaires de gradé·es aux classes de 3ème. Il est insupportable d’assister aux dispositifs divers liées à l’armée, comme « Elles bougent », un partenariat avec Safran, le vendeur d’armes. 

Ce conditionnement progressif accompagne une véritable stratégie de l’Éducation nationale et monte d’un cran. Un guide est paru en décembre 2025 et s’intitule : « Acculturer la jeunesse à la défense ». Il est donc clair que l’école est devenue un relais de l’armée et s’engage dans ce guide à en faire la promotion. Nous exigeons l’annulation de ce guide. 

Nous refusons que les élèves soient conditionné·es à cette militarisation et à ce conditionnement idéologique. Nous défendons le droit à nos élèves d’être protégé·es des idéologies martiales portées par le complexe militaro-industriel qui structurent notre système capitaliste. 

L’école doit former à l’esprit critique et ne servir aucune idéologies guerrières. Elle doit permettre l’égalité et l’émancipation, grâce à des contenus critiques et une pédagogie transformatrice. 

Nous appelons les collègues à se réunir et à s’opposer à tous les dispositifs de conditionnement des élèves à l’armée. L’école doit construire un cadre protecteur des influences réactionnaires et autoritaires diverses.

Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !

Ce combat dans l’école et pour la jeunesse, ne peut être déconnecté du contexte global. Les rivalités économiques et tensions géopolitiques ne cessent de monter, tout comme les idéologies nationalistes et fascisantes. Le « grand jeu » de domination, de contrôle des ressources et de conquête entre les puissances mondiales nous pousse vers une marche à la guerre qui semble inéluctable… Ce n’est pas une fatalité ! Il est de notre responsabilité de syndicalistes, de nous y opposer partout, par la solidarité internationaliste, l’antimilitarisme et le combat pour un monde émancipé de la tutelle du capitalisme et des États ! Dans cet état d’esprit, nous travaillons en relation avec les organisations ouvrières qui partagent ce projet émancipateur à travers le monde. Rejoignez-nous !

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Pour la défense de l’éducation et de la recherche publiques

Déclaration de la 6e réunion du RSISL

21 janvier 2026

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Déclaration de la 6e réunion du RSISL pour la défense de l’éducation et de la recherche  publiques 

Partout dans le monde, l’éducation et la recherche publiques sont gravement menacées. Les attaques  des gouvernements peuvent prendre différentes formes selon les pays, mais toutes suivent les  directives de la Banque Mondiale, du FMI, de l’OCDE et d’autres institutions internationales. Même  des institutions telles que l’UNESCO, qui devraient être au service de l’éducation, participent à la  mise en œuvre de ces politiques. 

Dans de nombreux pays, l’éducation et la recherche publiques disparaissent en tant que droit social  et humain. L’éducation devrait être publique, gratuite, laïque, émancipatrice et répondre aux besoins  de la classe ouvrière ; elle devrait être une priorité, mais ce n’est pas le cas. 

L’éducation et la recherche sont devenues un marché en pleine expansion. La privatisation de  l’éducation progresse partout, avec des conglomérats et des sociétés tout-puissants opérant à travers  le monde. 

Ce processus de transition du public vers le privé est une exigence des entreprises qui considèrent  l’éducation comme un commerce. À l’instar d’autres secteurs de l’économie, l’éducation et la  recherche connaissent un processus d’oligopolisation. Dans divers pays et régions, les  multinationales envahissent le marché. Même si elles restent sous le contrôle de l’État, l’éducation et  la recherche sont mises au service des entrepreneurs par le biais de plusieurs mécanismes qui  servent le capitalisme. De plus, nous assistons à une militarisation croissante de l’éducation, depuis  la maternelle jusqu’à l’université. 

Les coupes budgétaires et le financement de l’éducation privée avec des fonds publics, les plans  d’ajustement économique, le licenciement de fonctionnaires, le non-remplacement des retraité.e.s,  les réformes qui détruisent les services publics et la priorité accordée par les gouvernements au  remboursement des « dettes » exigées par les banques, entre autres mesures, donnent le ton.  L’éducation, qui devrait être un droit social et humain, n’est en aucun cas une priorité dans les  politiques publiques. 

Ainsi, l’éducation et la recherche deviennent un produit ou un service, mis à la disposition des  intérêts du secteur privé, et ne sont plus un droit démocratique pour toutes et tous.

Ce sont les pauvres qui souffrent le plus, les enfants de la classe ouvrière et des secteurs opprimés,  selon les pays, que ce soit en raison du genre, de l’ethnicité, de la diversité sexuelle ou d’autres  prétextes utilisés par le capital pour exploiter l’humanité. 

Dans le monde, plus de 100 millions d’enfants et 800 millions de jeunes et d’adultes sont exclus du  système scolaire (source : UNICEF, 2012), compromettant le droit à un avenir pour toute une  génération. 

Au-delà des actions des grandes entreprises, des gouvernements et du marché, qui dépouillent  l’éducation de son rôle de bien public et de droit social et humain, les travailleurs et les travailleuses  de l’éducation et de la recherche souffrent de ce processus qui, petit à petit, détruit les acquis  démocratiques et attaque l’autonomie pédagogique acquise au fil des ans. 

Les intérêts capitalistes dictent les lignes directrices, les normes et les plans de la politique en  matière d’éducation et de recherche. Sous l’égide des organisations internationales, l’éducation  devient le fondement de l’expansion du capital, un aspect de la marchandisation de divers secteurs  auparavant sous le contrôle et la gestion de l’État. Le système éducatif adopte les préceptes  politiques et idéologiques des relations sociales capitalistes. 

La contre-réforme de l’éducation est en cours, la transformant en un service marchand caractérisé  par la concurrence, la sélection et l’inégalité. 

La logique de la privatisation, de la rationalité économique, de la précarité et de la dévalorisation de  la profession des travailleurs et des travailleuses de l’éducation et de la recherche, ainsi que les  exigences d’efficacité, de qualité et de méritocratie managériale, s’imposent. 

On n’a jamais autant parlé d’un système éducatif à deux vitesses : d’un côté, une éducation de haute  qualité et coûteuse pour les enfants de la bourgeoisie et de la classe moyenne supérieure ; de l’autre,  une éducation pour les enfants des travailleurs et des travailleuses et des peuples opprimés, basée  sur l’acquisition des compétences nécessaires pour réussir sur le marché du travail, faisant de  l’éducation publique un rouage essentiel de l’appareil productif. Une partie de cette population ne se  voit offrir qu’une alphabétisation rudimentaire et une approche minimaliste des mathématiques. 

Ces mesures ne cessent de s’accélérer et de se détériorer. La dernière attaque contre la nature  émancipatrice de l’enseignement public est actuellement menée à travers des technologies qualifiées  d’« intelligence artificielle » qui, malgré des déclarations rassurantes, visent à éliminer la liberté  d’enseignement au profit d’un contrôle direct du contenu des programmes d’enseignement par le  gouvernement et les entreprises. 

Le débat sur l’éducation est de nature politique. Son essence politique réside dans l’aspect  fondamental et décisif de la société capitaliste : sa division en classes sociales antagonistes, qui  luttent pour des intérêts contradictoires. 

C’est pourquoi nous affirmons que les travailleurs et les travailleuses sont les seul.e.s à pouvoir  surmonter ce dilemme, surmonter ce système social fondé sur l’aliénation et l’exploitation des êtres  humains. Seuls les travailleurs et les travailleuses peuvent défendre la transformation des  connaissances, de la science, de l’art et de la culture, enrichis au fil des millénaires par l’humanité,  en patrimoine de tous. 

Le manque d’intérêt des pays du Sud pour l’éducation publique conduit à l’absence de mesures  susceptibles de motiver les travailleurs et travailleuses à rejoindre le secteur de l’éducation.

De nombreuses luttes ont été organisées dans plusieurs pays pour défendre les services publics, les  droits sociaux et l’éducation publique. Elles ont pris la forme de grèves sectorielles, d’occupations  d’universités et de rectorats, et de manifestations de jeunes. 

La destruction continue de l’éducation en tant que droit public doit cesser. 

À cette fin, l’action des syndicats de classe et des organisations de jeunesse qui souhaitent agir aux  côtés de la classe ouvrière est fondamentale. 

Cette réunion internationale s’inscrit dans ce cadre. 

À travers la défense de l’éducation et de la recherche publiques, nous nous opposons aux politiques  de réforme économique et sociale, à la suppression des acquis, au démantèlement des services  publics dans leur ensemble, à la destruction de la sécurité sociale et à tous ces reculs orchestrés à  travers le monde. 

Nous exigeons la fin immédiate de l’occupation militaire israélienne et des bombardements de la  Palestine, où des hôpitaux et des écoles ont été touchés, tuant des centaines d’enfants. L’État d’Israël  est donc le principal ennemi de l’éducation en Palestine. 

Nous exigeons également la fin immédiate de l’invasion et de l’occupation à grande échelle des  territoires ukrainiens par la Russie. La Russie bombarde quotidiennement des écoles et des  universités, ce qui entraîne des conditions de travail, de vie et d’étude désastreuses. Dans le même  temps, dans les territoires occupés, les enseignants sont contraints de mettre en œuvre la propagande  russe dans les écoles, tandis qu’au moins des dizaines de milliers d’enfants sont kidnappés pour être  russifiés. 

En Palestine, en Ukraine, au Soudan et partout dans le monde, nous devons soutenir nos camarades  qui défendent leur lieu de travail, leurs droits du travail et leurs droits humains. 

Pour qu’il y ait éducation, il faut la paix, la liberté des peuples, la justice et l’égalité. Nous luttons pour : 

• une éducation et une recherche publiques, gratuites, laïques et émancipatrices qui répondent  aux besoins de la classe ouvrière ; 

• la fin de l’externalisation ; 

• les services publics ; 

• la prise en compte des droits des travailleurs et des travailleuses de l’éducation et de la  recherche et l’amélioration des conditions de vie et de travail ; 

• des salaires décents, des promotions et des conditions de travail pour tous ; 

• Nous luttons pour mettre fin à toute forme de collaboration avec l’armée et/ou les industries  liées à l’armée

• Solidarité avec les organisations et les militants des syndicats, des mouvements populaires et  des mouvements étudiants victimes de la criminalisation de leurs luttes ! 

• Solidarité et soutien au syndicat des enseignants palestiniens et au syndicat étudiant  ukrainien Priama Diia ! 

• Place aux jeunes : pour le droit à un avenir, l’accès à la connaissance, à l’art, à la culture et  aux loisirs. 

• Des retraites équitables et justes pour tous 

Initiatives proposées à l’issue de la réunion 

1. Faire connaître nos actions et nos mobilisations : engagement à renforcer la page web du  RÉSEAU INTERNATIONAL DE SOLIDARITÉ ET DE LUTTE SYNDICALES  (https://laboursolidarity.org/), en envoyant des notes et des informations de chaque pays, afin  de fournir des informations sur la situation des luttes en faveur de l’éducation publique, les  conflits avec les gouvernements, d’enquêter et de faire connaître la situation des principaux  groupes économiques impliqués dans l’éducation, d’analyser les politiques mises en œuvre  par les gouvernements dans l’enseignement primaire et secondaire, et de mettre en évidence  la manière dont les fonds publics alimentent le secteur privé. 

2. Diffuser à travers divers médias (publications, pages web, vidéos, etc.) des propositions  alternatives pour une éducation publique et populaire et une pédagogie critique du capital, et  envisager une rencontre internationale pour renforcer ces échanges. 

3. Assurer un échange régulier d’informations : initiatives dans chaque pays, congrès de nos  organisations syndicales, avec la création d’un groupe en ligne pour produire des bulletins  d’information réguliers sur les luttes dans le domaine de l’éducation. 

4. Évaluer la possibilité de nouvelles réunions basées sur les secteurs professionnels et sur  les décisions qui seront adoptées par la coordination du RÉSEAU SYNDICAL  INTERNATIONAL DE SOLIDARITÉ ET DE LUTTES pour l’année 2026. 

5. Encourager le développement théorique et politique, en assurant sa diffusion à travers la  liste de textes présentés. 

6. Enquêter, dénoncer et lutter contre les initiatives du capital visant à contrôler l’éducation  publique, telles que la mise en œuvre d’évaluations internationales (le projet Tunning et les  modèles éducatifs tels que les écoles à charte). 

7. Lutter contre l’externalisation par l’organisation des travailleurs précaires et externalisés, en  particulier dans des fonctions telles que la sécurité et le nettoyage. Nous luttons pour l’unité  de toutes les catégories de travailleurs.

8. Partager et construire des campagnes internationales contre l’externalisation, rechercher des  opportunités de campagnes communes contre les multinationales externalisatrices. 

9. Surveiller et lutter contre les accords de libre-échange, en particulier l’Accord général sur  le commerce des services de l’OMC et les accords du Mercosur avec l’Union européenne. 

10. Échanger avec le Réseau européen des syndicats alternatifs et de base et d’autres  organisations qui défendent l’éducation en tant que droit social. 

11. Soutenir et proposer des campagnes sur des questions qui mobilisent les populations  dans nos pays, telles que « plus d’argent pour le secteur public, moins d’argent pour  l’éducation privée ». 

12. Continuer à discuter d’autres sujets soumis à la réflexion collective. Par exemple,  les conséquences des nouvelles technologies de l’information et de la communication sur le  travail des enseignants et des étudiants, l’évaluation des politiques publiques des  gouvernements dits « de transition démocratique », les « fronts populaires » ou la «  collaboration de classe » en Équateur, au Brésil ou en Uruguay…

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Ah bon, il y a une grève ?

La suppression annoncée de milliers de postes dans l’enseignement, mise en parallèle avec l’augmentation phénoménale des crédits alloués à la défense, est proprement injustifiable. Et si du côté du gouvernement on tente l’argument de la baisse démographique. Nous rétorquons que c’est justement l’occasion de faire baisser le nombre d’élèves par classe !

Le gouvernement est plus prompt à créer un nouveau service militaire que d’abonder un budget conséquent pour l’Education nationale voire à le sabrer davantage.

Augmentation des salaires, titularisation des contractuel·les, fin des subventions, réforme en profondeur de l’éducation prioritaire, renforcement des moyens alloués à la médecine et aux travailleur·euses sociaux scolaires, rénovation du bâti, réforme des rythmes scolaires, fin des politiques d’orientation des élèves basées sur la performance et l’employabilité de la jeunesse, meilleure considération des enseignant·es, titulaires, stagiaires, contractuel·les, etc.

On pourrait continuer comme ça pendant longtemps, tant nos revendications sont constantes, nombreuses et jamais prises en compte ! Chacune d’entre-elles mériterait un mouvement de grève massif et dans la durée.

Et pourtant, nous ne comprenons pas l’appel à la grève pour la journée de mardi 2 décembre, uniquement. Depuis plusieurs années maintenant, l’habitude est prise d’appeler à des journées de grève ponctuelles qui, au fur et à mesure de leur tenue, ont de moins en moins d’impact.

Sur le terrain, tout le monde note l’épuisement, la résignation voire l’agacement des collègues quand ils et elles ont du mal à voir l’issue de ce genre de grève perlée.

L’étendue du désastre et l’urgence de la situation exigent de nous bien plus qu’une grève d’une seule journée sans ambition. L’enseignement public mérite un mouvement d’ampleur, fort et s’inscrivant dans la durée.

Nous ne sommes pas résigné·es !

Aujourd’hui, par manque de référence, ça relèverait presque d’un saut dans l’inconnu, mais en fait ça a déjà été fait ! Ça a fonctionné, et nous disposons de nombreux outils de solidarité permettant de faire vivre une grève sur plusieurs jours (caisses de grèves, rotation des grévistes etc.). C’est nous qui travaillons alors c’est nous qui décidons !

En ce qui concerne la journée de mardi prochain, il ne sera pas pour autant dit que la CNT-SO s’oppose à un mouvement de grève national… Nous soutenons évidemment les initiatives locales et individuelles car elles permettent malgré tout de faire vivre la mobilisation et de s’organiser sur des problématiques spécifiques. Et qui sait, en se rassemblant, en organisant des assemblées générales… Nous commencerons peut-être à construire un mouvement fort qui a pour vocation à s’inscrire dans la durée !

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Actualités - Luttes Premiere Page Santé et sécurité au travail

Fortes chaleurs : quelle protection pour les travailleur·euses de l’Éducation et les usager·ères ?

Les fortes chaleurs, de plus en plus régulières et intenses, affectent les conditions de travail et d’étude et peuvent mettre en danger la santé des personnels comme des élèves. Alors que le bâti scolaire est largement inadapté pour s’en prémunir, que faire pour nous protéger ?

Au niveau des personnels, faute de dispositions réglementaires spécifiques, nous relevons des dispositions générales du code du travail que vous pouvez retrouver détaillées dans le tuto d’auto-défense syndicale « spécial fortes chaleurs – édition 2025 » de la CNT-SO.

Il est intéressant de se référer notamment aux obligations de chaque employeur, public comme privé sur : l’aération et le renouvellement de l’air dans les locaux, l’aménagement du temps de travail en cas d’alerte météorologique, l’accès à l’eau, la protection des personnels vulnérables…

Malgré des évolutions au 1er juillet 2025, le code du travail a cependant encore trop d’angles morts sur cette question et les mesures de protection qu’il prévoit sont parfois en décalage avec la réalité d’un établissement scolaire (comment adapter les horaires de travail en cas d’alerte canicule par exemple ?).

Le problème principal réside dans l’absence de seuils thermiques clairs, déclencheurs de mesures de protection ! Pourtant des seuils reconnus existent mais relèvent de la simple recommandation ! Il est cependant nécessaire de les connaître car ils sont un point d’appui en cas de démarche collective pour faire valoir nos droits (voir après) :

  • L’Institut National de Recherche et de Sécurité considère ainsi que les valeurs de 30 °C pour une activité sédentaire et 28 °C pour un travail nécessitant une activité physique peuvent être utilisées comme repères pour agir en prévention.
  • La CNAM recommande de faire évacuer le personnel des bureaux quand les conditions d’hygiène et de sécurité deviennent mauvaises, avec un seuil de température résultante fixé à 34° l’été et 14° l’hiver (recommandation CNAM R.226).

Face à un droit du travail pas suffisamment adapté ni protecteur et une hiérarchie et des collectivités de rattachement peu enclines à mettre en place les mesures structurelles nécessaires, l’action syndicale et collective est déterminante pour notre protection et celle des usager-ères !

Dans les cas plus problématiques, la fermeture partielle ou totale de l’établissement sera la solution qui s’impose. C’est le cas par exemple en cette fin d’année scolaire 2024-2025 avec plusieurs centaines d’établissements fermées en liaison avec les mairies dans le cadre de l’alerte canicule.

LES RESPONSABILITÉS DE LA HIÉRARCHIE

Dans la Fonction publique d’État : « les chefs de service sont chargés, dans la limite de leurs attributions et dans le cadre des délégations qui leur sont consenties, de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité ».  (art 3 décret 82-453)

Dans la Fonction publique territoriale : « Les autorités territoriales sont chargées de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité » (art 2 décret 85-603). 

A ce titre l’évaluation et la prévention des risques relèvent des obligations de notre hiérarchie comme pour un employeur classique. Voir les neuf principes généraux de prévention définis à l’article L4121-2 du code du travail. 

A noter que chaque établissement doit établir et réactualiser annuellement le DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels, voir ici) sous supervision des directions/chefs de service et en concertation avec les personnels ou leurs représentant·es (dans le secondaire le pilotage peut se faire par la CHS). 

Celui-ci doit aussi être réactualisé :

  • Lors « d’aménagements importants modifiants les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail ». 
  • « Lorsqu’une information supplémentaire intéressant l’évaluation d’un risque dans une unité de travail est recueillie 

La question de l’ambiance thermique doit bien entendu y figurer. Le DUERP doit aussi comporter des mesures de prévention adaptée à l’établissement.

Dans tous les établissements du second degré (au-delà de ceux pour lesquels elle est déjà obligatoire), nous conseillons, dans le cadre du renouvellement annuel des instances, de faire mettre en place une CHS (Commission Hygiène et Sécurité) qui pourra notamment traiter ces questions sur le fonds et la durée (voir ici).

Cette responsabilité peut avoir des conséquences juridiques en cas de préjudice subi par les agent·es ! Il sera utile de le rappeler en cas d’autoritarisme de la hiérarchie locale face à des personnels faisant valoir leurs droits face à une vague de chaleur, notamment les collègues particulièrement vulnérables du fait de l’âge, de la maladie ou de circonstances particulières (grossesse…).

ACCÈS A L’EAU POTABLE

Il doit être mis à disposition de l’eau potable et fraîche (Article R4225-2). En cas d’épisode de chaleur intense, l’eau doit être fournie de manière suffisante, à proximité des postes de travail notamment extérieurs et maintenue au frais toute la journée (Article R4463-4 en vigueur au 01er juillet 2025).

A noter que la mise en place d’une fontaine à eau est obligatoire dans les établissements recevant du public (ERP) de plus de 300 personnes. Au-delà de 600 personnes, une fontaine supplémentaire doit être installée par tranche de 300 personnes. Leur accès est libre et gratuit et doit faire l’objet d’une signalétique visible (par exemple un affichage). Pour plus de détail, voir ici.

LES FICHES RSST ET LE DROIT D’ALERTE

Pour faire bouger notre hiérarchie et les collectivités de rattachement (sur les mesures d’aménagement des locaux) mais aussi baliser un éventuel droit de retrait (voir après), nous conseillons aux personnels de multiplier à titre individuel les alertes via les documents RSST à notre disposition :

– Registre de santé et de sécurité au travail qui doit être mis à disposition des agent·es dans chaque service (un exemplaire doit être aussi accessible au public). Tout avis figurant sur ce registre doit être daté et signé et comporter : l’indication des postes de travail concernés, la nature du danger et sa cause, le nom de la ou des personnes exposées, les mesures prises par le chef de service pour y remédier.

– Registre de signalement d’un danger grave et imminent tenu par le chef de service. Pour les situations les plus graves pouvant entraîner un droit de retrait.

(Si ces registres et fiches ne sont pas disponibles dans les établissements, elles se trouvent sur Internet, consultez notamment les pages F3SCT académiques).

Pour plus de détails, voir notre tuto spécifique ici : https://educ.cnt-so.org/nos-droits-registre-sante-et-securite-au-travail-droit-dalerte-droit-de-retrait/

LE DROIT DE RETRAIT

Comme les salarié·es du secteur privé, les agents publics disposent aussi individuellement du droit de retrait. Les textes réglementaires (voir les sources) sont la transposition des protections prévues dans le code du travail. 

CONCRÈTEMENT COMMENT CELA SE PASSE-T-IL ? 

Le droit de retrait s’exerce si un·e agent·e a un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou pour sa santé ou s’il constate une défectuosité dans les systèmes de protection.

Le danger grave se caractérise par un risque d’accident ou de maladie entraînant la mort ou paraissant devoir entraîner une incapacité permanente ou temporaire prolongée. Le danger imminent se caractérise par le fait qu’il peut se réaliser brutalement dans un délai rapproché. En cas de doute demandez au syndicat !

L’agent·e alerte immédiatement son supérieur hiérarchique et se retire de la situation de danger. Attention, le droit de retrait ne doit pas créer pour autrui une nouvelle situation de danger grave et imminent (collègues et usager·ère·s).

Nous conseillons de faire cette alerte par écrit et de préférence en utilisant les documents mis à disposition des personnels (voir plus haut).

A noter que l’agent·e peut aussi saisir un·e représentant·e au F3SCT (ex-CHSCT) compétent. Un·e représentant·e qui constate une cause de danger grave et imminent peut aussi lancer une alerte sans avoir été saisi par un agent.

A la suite de l’alerte, l’autorité administrative doit procéder immédiatement à une enquête et informer le CHSCT compétent. En cas de divergence sur la réalité du danger ou la façon de le faire cesser, le CHSCT est réuni dans les 24 heures. L’inspecteur du travail est informé de cette réunion et peut y assister. L’administration décide des mesures à prendre après avis du F3SCT. En cas de désaccord entre l’administration et le F3SCT, l’inspecteur du travail est obligatoirement saisi.

L’administration ne peut pas demander à un agent de reprendre son poste si un danger grave et imminent persiste. 

Aucune sanction ne peut être prise, aucune retenue de rémunération ne peut être effectuée à l’encontre d’agents qui se sont retirés d’une situation de travail dont ils avaient un motif raisonnable de penser qu’elle présentait un danger grave et imminent pour leur vie ou pour leur santé.

Attention, la notion de « danger grave et imminent » peut être jugée subjective et ne pas être reconnue par l’administration ! Dans ce cas l’employeur ne peut vous imposer le retour au travail qu’avec un ordre écrit et nominatif.

Un recours jugé abusif par l’administration peut éventuellement donner lieu à un retrait de salaire ou une sanction. Nous vous conseillons alors de vous rapprocher du syndicat pour étudier une contestation administrative.

……………………

Sources officielles :

Fonction publique d’État :  Décret n°82-453 du 28 mai 1982 relatif à l’hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu’à la prévention médicale dans la fonction publique.

Fonction publique territoriale :  Décret n°85-603 du 10 juin 1985 relatif à l’hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu’à la médecine professionnelle et préventive dans la fonction publique territoriale.

……….

Code du Travail quatrième partie livre Ier à V

Nouveau chapitre du code du travail entre en vigueur concernant la « prévention des risques liés aux épisodes de chaleurs intenses » (articles R4463-1 à R4463-8 du code du travail).

Guide du ministère de la fonction publique « les règles applicables en matière de santé et de sécurité »  » 

Guide juridique DGAFP : « Application du décret n°82-453 du 28 mai 1982 modifié relatif à l’hygiène et à la sécurité du travail, ainsi qu’à la prévention médicale dans la fonction publique »

……………………

Sources syndicales

Canicule et travail : droits des salariés et obligations des employeurs en cas de forte chaleur (Tuto de la CNT-SO) : https://cnt-so.org/canicule-et-travail-droits-des-salaries-et-obligations-des-employeurs-en-cas-de-forte-chaleur/

Nos droits – Registre Santé et Sécurité au Travail, droit d’alerte, droit de retrait (Tuto de la CNT-SO Educ) : https://educ.cnt-so.org/nos-droits-registre-sante-et-securite-au-travail-droit-dalerte-droit-de-retrait/

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Mutations forcées : soutien aux personnels, non à la répression antisyndicale !

Dans le 93 quatre enseignant·es ont reçu un avis de mutation d’office la veille des vacances d’avril, par recommandé et sans procédure contradictoire. Le procédé est violent. La loi de transformation de la Fonction publique de 2019 révèle ici son vrai visage : une France-télécommunication de l’école publique qui, par des procédés de maltraitance et d’intimidation, broie les personnels… Pour les pousser à partir ? Quel intérêt de traiter ainsi des personnels, si ce n’est pour humilier et assujettir ? 

Dans l’un des collèges, une enquête administrative a été effectuée sans avoir rendu ses conclusions à la suite d’un conflit avec la hiérarchie autour d’une liste syndicale déposée. Dans un autre il s’agit d’un conflit entre collègues pas ou mal géré malgré les alertes syndicales.

Les mutations dans l’intérêt du service ont lieu donc en cours d’année, et ne sont pas censées être une mesure disciplinaire. Sauf que ça en a tout l’air et cela est vécu comme tel. C’est un procédé brutal de la part de la hiérarchie car ces personnels étaient très impliqués dans leur établissement. De plus, ces collègues sont syndicalistes au SNES-FSU et à SUD éducation. Cela est donc alertant car ces collègues engagé·es et militant·es pour l’intérêt général subissent de plein fouet une décision autoritaire et donne l’impression de subir une punition pour l’exemple. 

Pourtant des décisions arbitraires et coercitives de la part de rectorats ont été dernièrement déboutées : deux enseignant·es, « Les quatre de Melle », avaient été sanctionné·es à la suite d’une mobilisation contre le bac Blanquer en 2019, et six ans après le tribunal administratif leur a donné raison. L’une a été réintégrée dans son lycée d’origine après avoir mutée à 100 kilomètres de là, et un autre se verra remboursé le manque à gagner dû à la rétrogradation à l’échelon 1. De même, dans le 93, un autre enseignant a eu gain de cause au tribunal administratif et a été lui aussi réintégré dans son établissement d’origine.

Nous constatons que lorsque des violences sexistes et sexuelles sont signalées par des personnels ou même des élèves, les auteurs présumés restent à leur poste et ne sont pas si promptement mutés d’office ! 

Ce management brutal qui rappelle les procédés généralisés dans le privé et le procès perdu des décideurs d’Orange n’ont pas l’air d’effrayer, ni les ministres qui se sont succédé, ni les recteurs et rectrices.  En Normandie, ce sont 9 enseignant·es qui se sont suicidés depuis l’année dernière.

Au travail comme ailleurs, lorsque que les contre-pouvoirs syndicaux qui luttent pour l’émancipation et l’égalité sont ainsi réprimés, c’est l’autoritarisme qui gagne et la démocratie qui recule.

Partout dans nos conseils d’administration, affirmons par des motions notre soutien et dénonçons cette répression. 

Nous affirmons notre plein et entier soutien à ces quatre personnels mutés d’office et soutenons la grève intersyndicale du jeudi 22 mai dans le 93. 

Deux rassemblements sont organisés à 10h devant les collèges Jean Lolive (Pantin) et François Mitterrand (Noisy-le-Grand) puis à 14H devant la DSDEN à Bobigny pour exiger l’annulation des mutations forcées.

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Mesures injustes, mépris… Les élèves de lycée professionnel méritent mieux !

Comme on l’avait prédit et dénoncé en début d’année, l’application de la réforme du lycée professionnel s’avère désastreuse et l’organisation de la fin d’année catastrophique. A la veille des épreuves ponctuelles du BAC et donc à la fin du parcours commun, élèves et enseignant.es endurent une attaque supplémentaire qui vise le lycée professionnel à coup de réformes autoritaires, bricolées dans les bureaux ministériels sans la moindre considération pour les personnels ni pour les élèves. Sous couvert de « professionnalisation », cette réforme veut transformer les lycéens et lycéennes en main-d’œuvre facilement exploitable par le patronat. Les équipes pédagogiques ont de moins en moins de marge de manœuvre et les élèves ont moins de temps d’enseignement.

UN CALENDRIER INAPPLICABLE ET ABSURDE

La réforme impose un nouveau calendrier scolaire censé « mieux répartir les apprentissages », une idée déjà abandonnée pour le lycée général après avoir démontré son inefficacité. Dans la voie pro, c’est pire : ce calendrier raccourcit le temps d’enseignement et rend impossible la finalisation des programmes, désorganise en profondeur les progressions pédagogiques.

  • Les épreuves de CCF ont dû être mises en place dès la rentrée des vacances d’avril, sans que les élèves aient le temps de réviser correctement et sans  pouvoir maîtriser  les compétences nécessaires pour ces épreuves. C’est une violence institutionnelle car les élèves sont mis.es en difficulté.
  • Les épreuves ponctuelles de bac pro, quant à elles, sont avancées au mois de mai, ce qui ampute encore davantage le temps de préparation et crée chez les élèves comme chez les enseignant·es un sentiment de précipitation généralisée.

UN « PARCOURS EN Y » CONFUS ET DÉSORGANISÉ

Le fameux « Parcours en Y » censé offrir des choix en Terminale entre poursuite d’étude ou insertion professionnelle plonge établissements, élèves et personnels dans le flou le plus total.

  • C’est la confusion dans les emplois du temps, le flou sur la composition des classes, et la désorganisation des équipes : les outils de mise en œuvre sont trop souvent inexistants ou inefficaces.
  • Le stage supplémentaire de 6 semaines imposé aux élèves est une mascarade : loin de les former, il les envoie comme chair à patron dans des entreprises qui profitent d’une main-d’œuvre gratuite. Les élèves sont exposé.es aux accidents de travail. 
  • Par conséquent,  les élèves n’ont plus le temps de préparer l’oral de projet ni l’épreuve de PSE, examens pourtant essentiels pour l’obtention du diplôme.

UNE LOGIQUE MARCHANDE AUX DÉPENS DE L’ÉMANCIPATION

Tout est pensé pour répondre à des logiques économiques : former des exécutant.es dociles et de la chair à patron facilement exploitable. Ce lycée « professionnalisé » devient un outil de tri social, renforçant les inégalités au lieu de les combattre. La réforme méprise les besoins éducatifs réels, tout comme les personnels.

LA CNT–SO ÉDUCATION DIT NON À cette TRANSFORMATION DE LA VOIE PRO!

Dans l’immédiat, nous exigeons :

  • le retour des examens en juin
  • l’abandon du parcours différencié
  • Une revalorisation de la voie professionnelle, qui passe par la réduction du temps en entreprise et l’augmentation des moyens pédagogiques (avec en premier lieu le retour des heures d’enseignement notamment générales perdues avec les dernières réformes)
  • Une réelle concertation avec les équipes, et pas des annonces imposées d’en haut.
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Contre la casse de l’école publique et les politiques austéritaires : mobilisons-nous !

La casse de l’école publique se poursuit !

Les mesures budgétaires imposées par ce gouvernement qui a pour cap l’austérité constituent une véritable saignée pour l’école publique. Et les 40 milliards « d’efforts » dernièrement demandés font craindre le pire. 

La carte scolaire annoncée pour la rentrée 2025-2026 prévoit 5000 fermetures de classes et 470 suppressions de postes dans le premier degré. Le gouvernement se justifie avec l’argument de la baisse démographique. Nous proposons, justement, de profiter de cette baisse démographique dans certains départements pour baisser les effectifs par classe. Par austérité encore, le Ministère met fin au régime dérogatoire de direction mis en place depuis 1982 à Paris. Et pourtant des moyens il y en a, les appels au réarmement le prouvent. Lorsqu’il s’agit de prendre des postures martiales l’État sait parfaitement où trouver les recettes nécessaires. Nous savons où chercher nous aussi afin de renforcer nos services publics : dans la rente capitaliste.

Le tri social et scolaire… dès la maternelle ?

Le gouvernement persiste dans sa politique éducative réactionnaire. La mise en place de groupes de niveaux au collège (parution au Journal officiel au début du mois d’avril), sous couvert d’améliorer les apprentissages, ne fait que renforcer le tri social et scolaire. Partout où cela s’est mis en place, c’est un constat d’échec pour les équipes et les élèves. Au détour d’une interview, Élisabeth Borne, propose désormais de sensibiliser les enfants à leur orientation professionnelle dès la maternelle, mais pourquoi pas avant de naître tant qu’on y est ? L’enfance semble jetée en pâture : affaire Bétharram, Aide sociale à l’enfance sans moyens… Lorsqu’il ne s’agit pas de leur progéniture, les dominant·es n’auront jamais de pitié pour la jeunesse qu’elle souhaite soumise et dominée. Pour nous, l’école publique doit offrir un cadre protecteur et émancipateur et non pas autoritaire et inégalitaire ! 

Organisons-nous, mobilisons-nous !

Pour stopper la destruction de l’école publique, pour contrer les politiques austéritaires, la casse de nos métiers et les réformes qui brutalisent élèves, familles, usager·ères et personnels, pour des salaires et des conditions de travail dignes, pour des moyens à hauteur des besoins… Mais un seul jour de grève ne suffira pas. Dans nos services, dans nos salles de profs, organisons nous, (ré)activons nos outils de luttes (assemblées générales, caisses de grève…). N’attendons pas que des appels à des journées d’actions plus ou moins vagues tombent du ciel. Il faut construire la mobilisation à la base ! Par exemple, les personnels des Bouches-du-Rhône s’organisent pour « Plan d’urgence dans le 13 » avec une (première) journée de grève le lundi 28 avril. 

L’école et les services publics, déjà très fragilisés, sont en grand danger si ses défenseurs et défenseuses ne réagissent pas : c’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons et certainement pas la minorité séparatiste qui déteste le partage ! Construisons l’unité qui permettra d’inverser la tendance !