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8 mars : journée internationale de lutte pour les droits des femmes

Notre fédération est signataire de l’appel du collectif Grève Féministe.

Appel du collectif Grève Féministe :

Face aux impérialismes, aux droites et extrêmes droites, partout dans le monde, les femmes résistent !
Face aux attaques du gouvernement, Grève féministe !
Nous appelons à la grève du travail, des tâches domestiques et de la consommation.
Sans les femmes, tout s’arrête !
Nous sommes déterminées à lutter contre le pouvoir, faire entendre les voix de toutes pour arracher l’égalité.
Nous sommes solidaires des femmes et des populations subissant de plein fouet les conséquences dramatiques du changement climatique, aggravé par les politiques productivistes et capitalistes.

Solidarités internationales

A l’heure des guerres génocidaires, des coups d’État, des impérialismes démultipliés, de l’Iran à l’Afghanistan, de la Palestine au Soudan en passant par le Rojava, le Venezuela et l’Ukraine, nous serons en grève en solidarité avec nos sœurs du monde entier. Nous affirmons notre solidarité avec nos sœurs d’ Amérique latine, d’Iran, du Groenland, sous menace d’une intervention impérialiste directe par les Etats-Unis de Trump. De l’Amérique latine et du Sud au continent africain, les luttes écoféministes articulent droits des femmes, autodétermination des peuples et défense du vivant. Elles s’opposent aux logiques impérialistes, coloniales et néolibérales qui sacrifient les territoires et les populations au profit des multinationales minières, pétrolières, agricoles et financières.
En solidarité avec celles qui font face aux régimes fascisants, réactionnaires, théocratiques, colonialistes et impérialistes; avec celles qui endurent les génocides, les conflits armés, les bombardements massifs, et viols de guerre, les mutilations sexuelles, les mariages forcés, celles confrontées à l’exode et aux politiques migratoires racistes, celles qui subissent la crise climatique – 80 % des populations déplacées pour des raisons climatiques sont des femmes -, l’insécurité alimentaire et l’exploitation des multinationales; avec toutes celles qui se défendent farouchement pour recouvrer ou obtenir leur liberté et leurs droits.

Pas d’instrumentalisation des luttes féministes par l’extrême droite, pas d’extrême-droite dans la rue, pas une voix pour l’extrême droite.

L’Extrême-droite est désormais au pouvoir dans de nombreux pays. Partout, les immigré-es et migrant-es sont réprimé-es. Des masculinistes aux racistes, islamophobes et antisémites, lesbophobes, homophobes et transphobes, handiphobes, qui exercent des violences permanentes, l’extrême-droite étend sa sphère d’influence, grâce aux médias achetés par sa galaxie. Elle ne cesse de nourrir la haine de l’autre, le racisme, la misogynie, la LGBTQIAphobie, le validisme, et entretient la centralité d’un projet politique xénophobe.
Nous réclamons l’abrogation de la loi immigration et la régularisation de tou·te·s les sans-papier-es.
Avec les municipales de 2026 et la potentielle arrivée de l’extrême droite dans plusieurs villes, l’enjeu est celui d’une opposition unie et radicale et la formation d’un front antifasciste !

De l’argent, il y en a !

A l’heure du financement d’un porte avion de 10 milliards alors que des associations, notamment féministes, risquent de fermer leurs portes et leurs services faute de financement , nous refusons de nous taire.
Le gouvernement refuse de taxer les ultra-riches, le budget profondément sexiste et socialement brutal est en cours d’adoption. Ce budget impactera toujours plus lourdement les femmes du fait de leur position subalterne dans le monde du travail.
Les inégalités salariales, les bas salaires, les allocations inférieures au seuil de pauvreté, les pensions de retraites toujours plus faibles précarisent les conditions de vie. Les femmes représentent 62% des personnes payées au SMIC et 70 % des bénéficiaires des banques alimentaires. Plus de 9,8 millions de personnes, dont plus d’une famille monoparentale sur 3, vivent sous le seuil de pauvreté. 300 000 personnes dont 3000 enfants vivent dans la rue.
Nous demandons la hausse des salaires, la revalorisation des minimas sociaux, la construction massive de logements sociaux.
L’arrêt immédiat de la baisse des financements et un rattrapage du budget des associations qui accompagnent et soutiennent les femmes.

Du travail, un temps de travail, des retraites et des salaires pour vivre et pas survivre

Les femmes, notamment les mères isolées, sont particulièrement impactées par la vie chère, elles sont majoritaires à occuper des emplois mal rémunérés, sont souvent percutées par la précarité et le temps partiel imposé et touchent un salaire en moyenne ¼ inférieur à celui des hommes. Les femmes, dont les retraites sont 40% inférieures à celles des hommes, sont encore plus impactées par la dernière réforme. Nous voulons la retraite à 60 ans, une réduction du nombre d’annuités et des pensions décentes.
Nous réclamons l’abrogation totale de la réforme Macron des retraites et de toutes celles qui ont accentué les inégalités. Nous exigeons l’abrogation des lois qui pénalisent les chômeurs·euses et les bénéficiaires du RSA. Nous exigeons la revalorisation des métiers féminisés (éducation, soin, lien, santé, nettoyage…), l’égalité salariale, l’interdiction du temps partiel imposé, la transformation des CDD en CDI et la réduction du temps de travail à 32 heures minimum avec embauches correspondantes. Nous exigeons une transposition ambitieuse de la directive européenne sur la transparence salariale qui vise à renforcer l’application du principe d’une même rémunération “pour un même travail ou un travail de valeur égale”.

Pour un réel partage du travail domestique !

80 % des femmes consacrent au moins une heure par jour à la cuisine ou au ménage contre seulement 36 % des hommes.
63 % des personnes qui s’occupent tous les jours d’enfants, de personnes âgées ou handicapées de manière informelle sont des femmes, ces aidantes ne doivent pas être victimes d’un défaut de solidarité nationale renvoyant aux solidarités familiales.
Invisibilisé, dévalorisé, il est loin d’être une question privée. Les tâches qui en découlent font pleinement partie de l’activité économique.
C’est un travail qui participe à produire des biens et des services et qui contribue au bien être des membres du ménage (famille) et va bien au-delà.
Nous ne pouvons nous satisfaire que rien ne bouge dans la répartition des tâches au sein des couples et ce depuis des années. Cette inégalité dans la répartition du travail domestique se traduit par des inégalités dans la sphère professionnelle et est l’un des facteurs des inégalités salariales et patrimoniales.
Le 8 mars, nous appelons à la grève du travail domestique.

Pour plus d’égalité et de justice, plus de services publics !

Le démantèlement des services publics de la santé, de l’éducation, du logement dégradent les conditions de vie des femmes. Les politiques libérales ont privatisé les services publics et contraignent les femmes à compenser les carences auprès des enfants comme des plus âgé·e·s, des malades, des enfants et adultes handicapé-es, au détriment de leur carrière, de leur autonomie financière, de leur santé.
Nous réclamons la création de services publics de la petite enfance à la hauteur des besoins, avec les moyens correspondants pour en finir avec les crèches privées et de l’autonomie tout au long de la vie et une prise en charge réelle du 4e âge.
Nous exigeons des services publics renforcés : 63% des personnels sont des femmes et elles en sont aussi les premières usagères.​

Notre corps nous appartient !

47000 femmes dans le monde meurent chaque année d’un avortement clandestin.
Nous réclamons la réouverture de tous les centres d’interruption volontaire de grossesse qui ont été fermés pour permettre un réel accès à l’IVG sur tout le territoire, le choix de la méthode, et les moyens nécessaires à la hauteur des besoins.
LGBTQIA, nous voulons pouvoir faire nos choix de vie, vivre librement notre orientation sexuelle, nos identités. Nous demandons la fin des mutilations et des traitements hormonaux non consentis.
Nous voulons l’ouverture de la PMA pour toutes !
Nous dénonçons les offensives réactionnaires qui s’en prennent aux droits des personnes LGBTQIA+. Nous revendiquons la liberté de vivre son orientation sexuelle.
Nous exigeons une transition libre et gratuite pour toutes et tous et la fin des mutilations et traitements hormonaux non consentis sur les personnes intersexes.
Handicapées, nous subissons toutes les violences. Nous sommes privées de nos droits à l’autonomie, à l’éducation, à l’emploi, aux soins, et à la procréation. Nous voulons notre indépendance économique, l’accessibilité universelle à l’ensemble de l’espace public et à tous les lieux et bâtiments.

Stop aux violences sexistes et sexuelles

Près d’une femme sur trois est victime de violences conjugales ou sexuelles au cours de sa vie (OMS), soit environ 840 millions de femmes dans le monde.
Nous continuons à compter nos mortes car il n’y a aucune volonté politique de lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
L’impunité persiste, 1 % des viols sont condamnés.
Nous refusons que les enfants violé·es, maltraité·es, incesté·es continuent le plus souvent à être abandonné·es à leur sort !
Pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, dont les violences obstétricales et gynécologiques, nous voulons une loi-cadre intégrale qui mette en avant prévention, éducation, protection, accompagnement, sanction et garantisse les moyens pour la prise en charge de l’ensemble des victimes, femmes, enfants et minorités de genre.
Les plus touchées par les violences sexistes, dont les violences économiques, sont celles qui souffrent déjà de multiples oppressions : femmes victimes de racisme, exilées et migrantes, sans papiers, ouvrières, femmes sans domicile, précarisées, privées de liberté, en situation de handicap, femmes lesbiennes et bi, femmes trans, femmes en situation de prostitution et celles victimes de l’industrie pornocriminelle.
Nous demandons la mise en place d’actions concrètes pour lutter contre toutes les violences sexistes et sexuelles, protéger les victimes et combattre les réseaux de traite prostitutionnelle et de proxénétisme et la marchandisation du corps des femmes.
Nous dénonçons les baisses des subventions aux associations qui luttent contre les VSS et exigeons au moins les 3 milliards nécessaires pour l’accompagnement des victimes et des moyens pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles et leur prévention.

Éduquer à l’égalité, un enjeu majeur , du plus jeune âge à l’Université

Une éducation à l’égalité doit permettre aux enfants de comprendre les mécanismes de domination s’exerçant dans notre société et contribuer à les protéger contre les violences sexistes et sexuelles.
Nous voulons une éducation non sexiste, la réelle mise en place effective d’une éducation à la vie affective et sexuelle qui intègre les notions de désir et de plaisir, d’une éducation au consentement et à l’égalité. Et surtout, des moyens pour la mettre en œuvre.
Les inégalités se vivent aussi à l’université : stéréotypes dans les orientations et les filières, bizutage fortement genré, violences sexistes et sexuelles, et c’est sans citer le sexisme ordinaire dans les amphis.
Nous demandons notamment des dispositifs de protection et de soutien des victimes de discrimination efficients et financés, des formations de lutte contre les VSS…
Éducation à la Vie Affective Relationnelle et Sexuelle pour toutes et tous maintenant !
Le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), dans la continuité des lois votées pour l’éducation à la sexualité à l’école, doit être mis en œuvre.

Nous sommes et resterons mobilisé-es tous les jours contre le patriarcat, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, le validisme, les politiques libérales et autoritaires du gouvernement et contre l’extrême droite.

Le 8 mars, nous serons en grève féministe et nous manifesterons pour imposer un rapport de force et faire valoir nos revendications.

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Soutien à Questions de classe(s) et à Grégory Chambat

La Fédération Enseignement/Recherche de la CNT-SO apporte tout son soutien au collectif Questions de classe(s) et à Grégory Chambat, directeur de publication du site. Le syndicat Action & Démocratie CFE-CGC estime diffamatoire la publication de la cartographie intitulée « L’extrême droite, ses allié-es et l’école ».

Retrouvez les infos et les moyens de les soutenir sur le site de Questions de classe(s).

Un cagnotte est notamment mise en place pour assurer les frais de justice.

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Le ministère recule sur les examens de terminale mais la casse du lycée pro public se poursuit ! Ne les laissons pas faire !

Ne crions pas victoire !

Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé il y a quelques jours le retour des examens de terminale à la mi-juin dès 2027. Les collèges vont-ils échapper au cafouillage, à la désorganisation généralisée ? Les élèves vont-ils·elles bénéficier d’un enseignement au sein d’un groupe-classe sur l’année complète ? Peut-on crier victoire ? Certainement pas, puisque le ministre n’abandonne pas l’idée du parcours différencié. « Parcours Y », « parcours personnalisé », « parcours différencié », qu’importe l’intitulé, le projet est le même : faire du tri social et scolaire.

Le ministère opère donc deux ajustements : les épreuves écrites du bac sont repositionnées à la mi-juin et un parcours « personnalisé » (2 semaines de PFMP en plus ou 2 semaines dédiées à la poursuite d’études).

Nos élèves ne sont pas de la chair à patron !

La CNT-SO dénonce avec force les réformes en cours du lycée professionnel, véritables attaques contre les élèves, les personnels et l’avenir même de la formation professionnelle publique. Sous couvert de « rapprochement avec le monde de l’entreprise », le gouvernement organise une dégradation sans précédent des conditions d’apprentissage et de travail.

Nous nous opposons au parcours dit « personnalisé » pour les élèves de terminale : il organise une sélection précoce et éloigne encore davantage les élèves des choix d’orientation réellement libres et accompagnés. Ce dispositif fragilise les parcours, transforme des jeunes en variables d’ajustement et remet en cause l’ambition d’un enseignement professionnel riche, complet et ouvert.

Au sein d’un parcours « différencié » ou non, nous refusons l’augmentation des périodes de stage (ne laissons pas l’entreprise s’occuper de la formation professionnelle publique !), qui dépossède les élèves de temps d’apprentissage en cours, renforce les inégalités sociales et livre toujours plus les jeunes à une logique utilitariste où la main-d’œuvre gratuite tient lieu de formation. Selon les chiffres du ministère (DEPP – Statistique publique de l’éducation), pour la rentrée 2023, pour les CAP et bac pro, plus de 30% des élèves sont issu·es de famille ouvrière ; pour la seconde générale et technologique, ce chiffre tombe à environ 18%. C’est aux élèves qui en ont le plus besoin qu’on supprime des heures d’enseignement. De manière générale, il faut combattre l’idée que la PFMP serait parée de toutes les vertus formatrices pour nos élèves : ils se heurtent à la discrimination et aux violences sexistes et sexuelles, au manque d’encadrement, aux risques liés aux accidents, etc. La CNT-SO s’oppose toujours à la gratification des PFMP, sorte de sous-SMIC aux effets pervers.

Le lycée professionnel n’est pas une agence d’intérim : c’est un lieu d’éducation, d’émancipation et de construction de savoirs. Ainsi, nous continuons de dénoncer les dispositifs AvenirPro et AvenirPro+, menés conjointement avec France Travail et les Missions Locales, à destination des élèves en fin de cursus (ou avant) qui visent « l’insertion » ou se retrouvent « sans solution ». Entendons-nous bien, nous ne voulons pas laisser nos élèves « sans solution », mais nous refusons que la seule boussole du ministère soit celle de l’employabilité.

Mobilisons-nous pour un autre lycée pro public !

Nous devons retrouver les heures d’enseignement perdues avec les contre-réformes récentes. Sans les sacraliser, il faut revenir à un maximum. Même si une réflexion sur les diplômes sanctionnant les parcours est nécessaire et que nous ne les sacralisons pas, il faut revenir, dans l’immédiat, à un maximum d’épreuves ponctuelles et nationales. Il s’agit de préserver la valeur des diplômes et de garantir anonymat et traitement équitable. Toujours dans l’idée de garantir un niveau élevé de qualification, il faut en finir avec l’individualisation des parcours et des compétences, avec le tout CCF.

Si nous combattons l’objectif de soumission des LP aux patronats locaux, d’employabilité immédiate aux « métiers sous tension » pour les élèves, il n’empêche qu’une réflexion sur la valorisation des formations en LP est nécessaire. Il faut développer des filières liées aux enjeux environnementaux et sociaux contemporains. Tout doit être fait pour encourager la poursuite et la réussite d’études.

Plus d’égalité ! Il faut renforcer l’éducation prioritaire, en intégrant les lycées pro : donnons plus à celles et ceux qui en ont le plus besoin. Plus de moyens pour dédoubler les effectifs par exemple, c’est lutter contre les inégalités scolaires. Il faut tout mettre en œuvre pour dégenrer les formations et combattre la reproduction des stéréotypes de genre.

Il faut un plan d’urgence pour les lycées pro ! Il faut ouvrir des établissements, créer des postes de titulaires (enseignant·es, psy EN, infirmier·ères, assistant·es de service social, agent·es administratif·ves, médecins fonctionnaires, vie scolaire, AESH). Il faut baisser les effectifs par classe et par établissement. Les DHG sont connues depuis quelques temps : partout, elles sont inacceptables !

Pour les personnels, exigeons la fin des contrats précaires. Arrachons une hausse des salaires non conditionnée à de nouvelles tâches!

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Soutien à notre collègue – Des moyens pour l’Ecole !

Jeudi 05/02/2026

Mardi 3 février, une enseignante a été victime d’une attaque au couteau sur son lieu de travail, poignardée à plusieurs reprises, elle est dans un état grave. Nous exprimons tout notre soutien à cette enseignante, sa famille, ses proches ainsi qu’aux élèves qui ont assisté à la scène, au personnel de l’établissement.

Cette attaque au couteau d’une extrême violence est la sixième en un an, dans des établissements scolaires. A chaque fois l’auteur est un garçon et la victime, une fille ou une femme. 

 Si les profils et les motivations des auteurs sont différents, on peut s’interroger sur l’influence des contenus masculinistes misogynes et violents en accès libre en ligne et sur leur impact : 17 % des jeunes hommes de de plus de 15 ans adhèrent en effet à cette idéologie violente. On peut aussi s’interroger sur le fait qu’il avait parlé de son intention à des camarades et qu’il collectionnait des couteaux.  Ces armes blanches faciles d’accès ont bien souvent une dimension viriliste.

 Nous dénonçons aussi le fait que, trop souvent, dans les établissements et les enseignants et enseignantes sont laissées seules face à des situations problématiques. Après un drame, on s’aperçoit souvent qu’il y avait eu des alertes. 

Les politiques d’austérité ont fragilisé l’ensemble des établissements scolaires, nous en payons le prix et le mal-être des jeunes ne fera qu’augmenter si rien n’est fait. La scolarité des élèves et le travail des agents sont sans cesse remis en cause. Ici c’est le manque de moyens humains qui saute aux yeux !

Toutes les instances médico-sociales qui permettent de prendre en charge les jeunes élèves sont en détresse avec un manque de personnel criant. Dans le cas du drame de Sanary, un rendez-vous avait été pris mais il ne se serait déroulé que dans quatre mois…

Une mise en place d’urgence de temps dédiés pour l’EVARS est une réponse afin d’endiguer la montée des masculinismes et des passages à l’acte misogynes. Mais pour cela il faut du temps dégagé et non pas des réunions à la sauvette entre midi et deux, et que cela ne repose que sur la bonne volonté de personnels exsangues.

Et ce n’est pas de plus de sécuritaire ou de moins de portables dont les élèves et l’école ont besoin ! La répression, l’aspect de plus en plus carcéral ne créent que de la violence institutionnelle et de l’étouffement. 

Nous demandons des moyens humains pour l’école et de quoi mettre en place les actions de prévention : personnels enseignants, d’accompagnement au handicap, de vie scolaire et médico-sociaux. 

Nous appelons à soutenir la collègue par tous les moyens envisagés localement (rassemblements, actions symboliques, motions au CA…).

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Non à la militarisation de la jeunesse ! Non à la marche à la guerre !

Une nouvelle étape est franchie dans la militarisation de la jeunesse, avec le retour du service militaire, pour l’instant facultatif, qui viendra supplanter le SNU dès septembre 2026. Ce retour de 25 ans en arrière doit se lire dans le contexte mondial guerrier et autoritaire qui voit s’exacerber les tensions entre puissances pour le contrôle des ressources d’un monde épuisé… Nous devons nous y opposer fermement !

Engagez-vous… ?

Pour vendre un militarisme pas franchement populaire, l’argument est toujours celui de la recherche d’engagement et de sens pour la jeunesse, quitte à abuser du marketing et autres promotions par des youtubeurs douteux.

Déjà, en 2018, Emmanuel Macron, qui voulait à tout prix vendre son Service National Universel (SNU) disait qu’« Il ne s’agi[ssait] pas de réinventer le service militaire mais de donner à la jeunesse de France des causes à défendre, des combats à mener dans les domaines social, environnemental, culturel ». Comme si la « jeunesse de France » avait besoin du paternalisme présidentiel pour s’engager au quotidien : luttes féministes, antiracistes, écologistes, contre les inégalités et dans tous les mouvements sociaux actuels !

En réalité, il s’agit d’enrégimenter la jeunesse ! Depuis l’été 2019 nous avons vu le génie à l’œuvre : les volontaires du SNU ont pu faire des pompes, ânonner en chœur le roman national, chanter la Marseillaise en boucle sous un soleil de plomb et jusqu’à la syncope, subir les brimades voire des agressions d’encadrants dont le processus de recrutement demeure encore aujourd’hui mystérieux. Le tout en polo et casquettes uniformes et devant les caméras pour une communication ostensible. Nous l’avons toujours dit : la jeunesse doit bénéficier d’une politique éducative émancipatrice plutôt que d’une mise au pas généralisée.

Retour dans les casernes

Le SNU n’a jamais attiré massivement et on devrait se réjouir de son abandon définitif au lieu de la généralisation prévue. Seulement voilà, 7 ans plus tard, malgré cet échec, le ton se durcit encore, dans un contexte international guerrier. Ce 12 janvier, le gouvernement a lancé sa campagne de recrutement pour un nouveau service national, volontaire, mais surtout militaire. Si le dispositif concernera initialement 3 000 jeunes de 18 à 25 ans, ce sont bien 42 500 personnes qui devront étoffer les rangs des armées sur le territoire national contre une rémunération brute de 800 € bruts, une année de césure et les vœux Parcoursup préservés. Une aubaine cynique misant sur un contexte social dégradé et peu de débouchés pour les jeunes dans un marché du travail violent et inégalitaire. 

L’objectif, d’après un général, est de les « former à réagir dans des situations inconfortables ». Notons ici tout le talent d’euphémisation déployé par le chef d’Etat-major qui optait pourtant pour un tout autre style quand il appelait, non sans créer la sidération, la France à accepter de « perdre ses enfants » quelques semaines auparavant. Avec ce service volontaire, l’État vise surtout à garnir une masse de réserve, dans laquelle ces jeunes seront versés 5 ans, en vue des guerres qui se préparent. On le voit avec l’exemple ukrainien, et comme en 14, les conflits dévorent toujours les hommes et les femmes en masse.

Un projet de soumission pour la jeunesse

Voilà plusieurs années que les gouvernements successifs souhaitent une seule chose pour nos élèves, qu’ils se « tiennent sages », pour faire référence à des policiers qui avaient mis à genoux des lycéens pensant trois heures en leur tenant ces propos, en 2019 lors du premier mouvement social contre la réforme des retraites.

Ils et elles doivent déjà se couler dans le moule de l’employabilité à tout prix et maintenant voilà qu’on les invite fortement à « inscrire leur action dans le cadre d’un groupe organisé, solidaire, solide, où chacun, quels que soient son origine sociale, son parcours personnel, ses opinions, sa religion, évolue sous un même uniforme selon des principes d’égalité, de fraternité, d’équité et où on récompense le mérite ». Qui peut sérieusement penser que le port de l’uniforme annule les inégalités ? Qui peut penser que l’encasernement compensera les mécanismes de dominations capitalistes, sexistes, racistes et néocolonialistes ? Ça n’était pas vrai à l’époque du service militaire, ce ne sera toujours pas le cas avec sa version « light ». D’ailleurs, depuis 2021, parmi le millier d’engagés qui désertent par an, beaucoup révèlent devant les tribunaux les maltraitances et brimades qu’ils n’ont pas supportées. L’armée est aussi une machine à broyer ses propres « enfants ». Par ailleurs, la porosité avec les idées d’extrême-droite se révèle car d’anciens militaires français s’enrôlent auprès de néo-nazis sur le front Ukrainien.

Militaires hors de nos vies !

Le service national joue à fond le jeu du patriotisme, de la militarisation des corps et des esprits. Plus largement, c’est toute la militarisation de notre quotidien que nous rejetons.

Le gouvernement met ainsi en place une véritable économie de guerre en faveur du complexe militaro-industriel. Entre 2017 et 2025 le budget de la Défense a été augmenté d’environ 20 milliards (budget de 50 milliards en 2025) et l’objectif est de 67 milliards pour 2030. 

Cette course à la militarisation fait aussi écho au martèlement de tout un vocabulaire martial autour du « réarmement », notamment démographique. Les femmes devraient leur corps à la nation et ces politiques natalistes autoritaires reprennent d’ailleurs les idées d’extrême-droite. Le retour du service, abandonné en 1996, vise à habituer la société à l’idée de guerre. Les milliards qui pourraient servir à financer la santé ou l’éducation vont dès lors dans les poches de l’industrie d’armement et justifient l’effort de guerre à fournir et la baisse du budget des services publics.

Aller en classe oui, faire ses classes, non ! 

Il est absolument hors de question que nous nous fassions les relais de cette propagande. Il est déjà insupportable d’imposer à nos élèves des classes défense et sécurité et d’entendre les discours va-t-en-guerre virilistes et pseudo-égalitaires de gradé·es aux classes de 3ème. Il est insupportable d’assister aux dispositifs divers liées à l’armée, comme « Elles bougent », un partenariat avec Safran, le vendeur d’armes. 

Ce conditionnement progressif accompagne une véritable stratégie de l’Éducation nationale et monte d’un cran. Un guide est paru en décembre 2025 et s’intitule : « Acculturer la jeunesse à la défense ». Il est donc clair que l’école est devenue un relais de l’armée et s’engage dans ce guide à en faire la promotion. Nous exigeons l’annulation de ce guide. 

Nous refusons que les élèves soient conditionné·es à cette militarisation et à ce conditionnement idéologique. Nous défendons le droit à nos élèves d’être protégé·es des idéologies martiales portées par le complexe militaro-industriel qui structurent notre système capitaliste. 

L’école doit former à l’esprit critique et ne servir aucune idéologies guerrières. Elle doit permettre l’égalité et l’émancipation, grâce à des contenus critiques et une pédagogie transformatrice. 

Nous appelons les collègues à se réunir et à s’opposer à tous les dispositifs de conditionnement des élèves à l’armée. L’école doit construire un cadre protecteur des influences réactionnaires et autoritaires diverses.

Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !

Ce combat dans l’école et pour la jeunesse, ne peut être déconnecté du contexte global. Les rivalités économiques et tensions géopolitiques ne cessent de monter, tout comme les idéologies nationalistes et fascisantes. Le « grand jeu » de domination, de contrôle des ressources et de conquête entre les puissances mondiales nous pousse vers une marche à la guerre qui semble inéluctable… Ce n’est pas une fatalité ! Il est de notre responsabilité de syndicalistes, de nous y opposer partout, par la solidarité internationaliste, l’antimilitarisme et le combat pour un monde émancipé de la tutelle du capitalisme et des États ! Dans cet état d’esprit, nous travaillons en relation avec les organisations ouvrières qui partagent ce projet émancipateur à travers le monde. Rejoignez-nous !

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Pour la défense de l’éducation et de la recherche publiques

Déclaration de la 6e réunion du RSISL

21 janvier 2026

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Déclaration de la 6e réunion du RSISL pour la défense de l’éducation et de la recherche  publiques 

Partout dans le monde, l’éducation et la recherche publiques sont gravement menacées. Les attaques  des gouvernements peuvent prendre différentes formes selon les pays, mais toutes suivent les  directives de la Banque Mondiale, du FMI, de l’OCDE et d’autres institutions internationales. Même  des institutions telles que l’UNESCO, qui devraient être au service de l’éducation, participent à la  mise en œuvre de ces politiques. 

Dans de nombreux pays, l’éducation et la recherche publiques disparaissent en tant que droit social  et humain. L’éducation devrait être publique, gratuite, laïque, émancipatrice et répondre aux besoins  de la classe ouvrière ; elle devrait être une priorité, mais ce n’est pas le cas. 

L’éducation et la recherche sont devenues un marché en pleine expansion. La privatisation de  l’éducation progresse partout, avec des conglomérats et des sociétés tout-puissants opérant à travers  le monde. 

Ce processus de transition du public vers le privé est une exigence des entreprises qui considèrent  l’éducation comme un commerce. À l’instar d’autres secteurs de l’économie, l’éducation et la  recherche connaissent un processus d’oligopolisation. Dans divers pays et régions, les  multinationales envahissent le marché. Même si elles restent sous le contrôle de l’État, l’éducation et  la recherche sont mises au service des entrepreneurs par le biais de plusieurs mécanismes qui  servent le capitalisme. De plus, nous assistons à une militarisation croissante de l’éducation, depuis  la maternelle jusqu’à l’université. 

Les coupes budgétaires et le financement de l’éducation privée avec des fonds publics, les plans  d’ajustement économique, le licenciement de fonctionnaires, le non-remplacement des retraité.e.s,  les réformes qui détruisent les services publics et la priorité accordée par les gouvernements au  remboursement des « dettes » exigées par les banques, entre autres mesures, donnent le ton.  L’éducation, qui devrait être un droit social et humain, n’est en aucun cas une priorité dans les  politiques publiques. 

Ainsi, l’éducation et la recherche deviennent un produit ou un service, mis à la disposition des  intérêts du secteur privé, et ne sont plus un droit démocratique pour toutes et tous.

Ce sont les pauvres qui souffrent le plus, les enfants de la classe ouvrière et des secteurs opprimés,  selon les pays, que ce soit en raison du genre, de l’ethnicité, de la diversité sexuelle ou d’autres  prétextes utilisés par le capital pour exploiter l’humanité. 

Dans le monde, plus de 100 millions d’enfants et 800 millions de jeunes et d’adultes sont exclus du  système scolaire (source : UNICEF, 2012), compromettant le droit à un avenir pour toute une  génération. 

Au-delà des actions des grandes entreprises, des gouvernements et du marché, qui dépouillent  l’éducation de son rôle de bien public et de droit social et humain, les travailleurs et les travailleuses  de l’éducation et de la recherche souffrent de ce processus qui, petit à petit, détruit les acquis  démocratiques et attaque l’autonomie pédagogique acquise au fil des ans. 

Les intérêts capitalistes dictent les lignes directrices, les normes et les plans de la politique en  matière d’éducation et de recherche. Sous l’égide des organisations internationales, l’éducation  devient le fondement de l’expansion du capital, un aspect de la marchandisation de divers secteurs  auparavant sous le contrôle et la gestion de l’État. Le système éducatif adopte les préceptes  politiques et idéologiques des relations sociales capitalistes. 

La contre-réforme de l’éducation est en cours, la transformant en un service marchand caractérisé  par la concurrence, la sélection et l’inégalité. 

La logique de la privatisation, de la rationalité économique, de la précarité et de la dévalorisation de  la profession des travailleurs et des travailleuses de l’éducation et de la recherche, ainsi que les  exigences d’efficacité, de qualité et de méritocratie managériale, s’imposent. 

On n’a jamais autant parlé d’un système éducatif à deux vitesses : d’un côté, une éducation de haute  qualité et coûteuse pour les enfants de la bourgeoisie et de la classe moyenne supérieure ; de l’autre,  une éducation pour les enfants des travailleurs et des travailleuses et des peuples opprimés, basée  sur l’acquisition des compétences nécessaires pour réussir sur le marché du travail, faisant de  l’éducation publique un rouage essentiel de l’appareil productif. Une partie de cette population ne se  voit offrir qu’une alphabétisation rudimentaire et une approche minimaliste des mathématiques. 

Ces mesures ne cessent de s’accélérer et de se détériorer. La dernière attaque contre la nature  émancipatrice de l’enseignement public est actuellement menée à travers des technologies qualifiées  d’« intelligence artificielle » qui, malgré des déclarations rassurantes, visent à éliminer la liberté  d’enseignement au profit d’un contrôle direct du contenu des programmes d’enseignement par le  gouvernement et les entreprises. 

Le débat sur l’éducation est de nature politique. Son essence politique réside dans l’aspect  fondamental et décisif de la société capitaliste : sa division en classes sociales antagonistes, qui  luttent pour des intérêts contradictoires. 

C’est pourquoi nous affirmons que les travailleurs et les travailleuses sont les seul.e.s à pouvoir  surmonter ce dilemme, surmonter ce système social fondé sur l’aliénation et l’exploitation des êtres  humains. Seuls les travailleurs et les travailleuses peuvent défendre la transformation des  connaissances, de la science, de l’art et de la culture, enrichis au fil des millénaires par l’humanité,  en patrimoine de tous. 

Le manque d’intérêt des pays du Sud pour l’éducation publique conduit à l’absence de mesures  susceptibles de motiver les travailleurs et travailleuses à rejoindre le secteur de l’éducation.

De nombreuses luttes ont été organisées dans plusieurs pays pour défendre les services publics, les  droits sociaux et l’éducation publique. Elles ont pris la forme de grèves sectorielles, d’occupations  d’universités et de rectorats, et de manifestations de jeunes. 

La destruction continue de l’éducation en tant que droit public doit cesser. 

À cette fin, l’action des syndicats de classe et des organisations de jeunesse qui souhaitent agir aux  côtés de la classe ouvrière est fondamentale. 

Cette réunion internationale s’inscrit dans ce cadre. 

À travers la défense de l’éducation et de la recherche publiques, nous nous opposons aux politiques  de réforme économique et sociale, à la suppression des acquis, au démantèlement des services  publics dans leur ensemble, à la destruction de la sécurité sociale et à tous ces reculs orchestrés à  travers le monde. 

Nous exigeons la fin immédiate de l’occupation militaire israélienne et des bombardements de la  Palestine, où des hôpitaux et des écoles ont été touchés, tuant des centaines d’enfants. L’État d’Israël  est donc le principal ennemi de l’éducation en Palestine. 

Nous exigeons également la fin immédiate de l’invasion et de l’occupation à grande échelle des  territoires ukrainiens par la Russie. La Russie bombarde quotidiennement des écoles et des  universités, ce qui entraîne des conditions de travail, de vie et d’étude désastreuses. Dans le même  temps, dans les territoires occupés, les enseignants sont contraints de mettre en œuvre la propagande  russe dans les écoles, tandis qu’au moins des dizaines de milliers d’enfants sont kidnappés pour être  russifiés. 

En Palestine, en Ukraine, au Soudan et partout dans le monde, nous devons soutenir nos camarades  qui défendent leur lieu de travail, leurs droits du travail et leurs droits humains. 

Pour qu’il y ait éducation, il faut la paix, la liberté des peuples, la justice et l’égalité. Nous luttons pour : 

• une éducation et une recherche publiques, gratuites, laïques et émancipatrices qui répondent  aux besoins de la classe ouvrière ; 

• la fin de l’externalisation ; 

• les services publics ; 

• la prise en compte des droits des travailleurs et des travailleuses de l’éducation et de la  recherche et l’amélioration des conditions de vie et de travail ; 

• des salaires décents, des promotions et des conditions de travail pour tous ; 

• Nous luttons pour mettre fin à toute forme de collaboration avec l’armée et/ou les industries  liées à l’armée

• Solidarité avec les organisations et les militants des syndicats, des mouvements populaires et  des mouvements étudiants victimes de la criminalisation de leurs luttes ! 

• Solidarité et soutien au syndicat des enseignants palestiniens et au syndicat étudiant  ukrainien Priama Diia ! 

• Place aux jeunes : pour le droit à un avenir, l’accès à la connaissance, à l’art, à la culture et  aux loisirs. 

• Des retraites équitables et justes pour tous 

Initiatives proposées à l’issue de la réunion 

1. Faire connaître nos actions et nos mobilisations : engagement à renforcer la page web du  RÉSEAU INTERNATIONAL DE SOLIDARITÉ ET DE LUTTE SYNDICALES  (https://laboursolidarity.org/), en envoyant des notes et des informations de chaque pays, afin  de fournir des informations sur la situation des luttes en faveur de l’éducation publique, les  conflits avec les gouvernements, d’enquêter et de faire connaître la situation des principaux  groupes économiques impliqués dans l’éducation, d’analyser les politiques mises en œuvre  par les gouvernements dans l’enseignement primaire et secondaire, et de mettre en évidence  la manière dont les fonds publics alimentent le secteur privé. 

2. Diffuser à travers divers médias (publications, pages web, vidéos, etc.) des propositions  alternatives pour une éducation publique et populaire et une pédagogie critique du capital, et  envisager une rencontre internationale pour renforcer ces échanges. 

3. Assurer un échange régulier d’informations : initiatives dans chaque pays, congrès de nos  organisations syndicales, avec la création d’un groupe en ligne pour produire des bulletins  d’information réguliers sur les luttes dans le domaine de l’éducation. 

4. Évaluer la possibilité de nouvelles réunions basées sur les secteurs professionnels et sur  les décisions qui seront adoptées par la coordination du RÉSEAU SYNDICAL  INTERNATIONAL DE SOLIDARITÉ ET DE LUTTES pour l’année 2026. 

5. Encourager le développement théorique et politique, en assurant sa diffusion à travers la  liste de textes présentés. 

6. Enquêter, dénoncer et lutter contre les initiatives du capital visant à contrôler l’éducation  publique, telles que la mise en œuvre d’évaluations internationales (le projet Tunning et les  modèles éducatifs tels que les écoles à charte). 

7. Lutter contre l’externalisation par l’organisation des travailleurs précaires et externalisés, en  particulier dans des fonctions telles que la sécurité et le nettoyage. Nous luttons pour l’unité  de toutes les catégories de travailleurs.

8. Partager et construire des campagnes internationales contre l’externalisation, rechercher des  opportunités de campagnes communes contre les multinationales externalisatrices. 

9. Surveiller et lutter contre les accords de libre-échange, en particulier l’Accord général sur  le commerce des services de l’OMC et les accords du Mercosur avec l’Union européenne. 

10. Échanger avec le Réseau européen des syndicats alternatifs et de base et d’autres  organisations qui défendent l’éducation en tant que droit social. 

11. Soutenir et proposer des campagnes sur des questions qui mobilisent les populations  dans nos pays, telles que « plus d’argent pour le secteur public, moins d’argent pour  l’éducation privée ». 

12. Continuer à discuter d’autres sujets soumis à la réflexion collective. Par exemple,  les conséquences des nouvelles technologies de l’information et de la communication sur le  travail des enseignants et des étudiants, l’évaluation des politiques publiques des  gouvernements dits « de transition démocratique », les « fronts populaires » ou la «  collaboration de classe » en Équateur, au Brésil ou en Uruguay…

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Plateforme de la Fédération Unifiée de l’Enseignement et de la Recherche de la CNT-SO

L’école que nous portons est celle d’une société débarrassée des rapports de domination, ouverte, égalitaire et émancipatrice : rejoignez-nous et construisons-la ! Entre revendications immédiates et projet de transformation globale, voici la plateforme revendicative de la CNT-SO.

1. Pour une école publique émancipatrice et solidaire, pour une école autogestionnaire

Face à des décennies de politiques libérales qui ont creusé les inégalités, dégradé les conditions de travail et rendu l’école toujours plus autoritaire et sélective, la CNT-SO affirme un projet clair : reconstruire une école et un enseignement supérieur publiques réellement émancipateurs, solidaires et égalitaires, portés par l’action collective des travailleuses et travailleurs de l’éducation, les élèves et les familles, les étudiant·es.

Nous dénonçons tous les dispositifs de partenariat avec l’armée et la police. Nous dénonçons également toutes les tentatives de l’extrême-droite et des courants réactionnaires, nationalistes, obscurantistes de faire main basse sur l’école.

Nous ne voulons plus d’une école où l’autoritarisme et les hiérarchies sont les normes : nous imaginons une école dispensant des savoirs polytechniques, autogestionnaire, fonctionnant suivant les principes de gestion collective, de coopération, de rotation des tâches.

2. Une école pour toutes et tous : égalité, gratuité et inclusion

Nous défendons une école affranchie de la logique de tri social et de concurrence. Cela implique la gratuité réelle de la maternelle à l’université, le renforcement de l’éducation prioritaire, la fin des financements publics au privé et des politiques ségrégatives, ainsi que des moyens massifs pour l’inclusion, la lutte contre les discriminations et les violences sexistes et sexuelles. Nous voulons des formations dégenrées, ouvertes et émancipatrices, qui combattent activement les stéréotypes et les dominations.

3. Un plan d’urgence pour l’école et la recherche publiques

Dans l’immédiat, nous exigeons un plan d’urgence pour refonder l’école et l’université : baisse des effectifs par classe, créations massives de postes titulaires dans tous les métiers, ouverture d’établissements adaptés aux enjeux sanitaires et environnementaux, rénovation ambitieuse du bâti, développement des dispositifs UPE2A et ULIS. Nous refusons que l’organisation scolaire réponde à une logique comptable et que les variations démographiques servent de prétexte à réduire l’offre d’éducation.

4. Mettre fin à la casse du service public d’éducation

Nous revendiquons l’abandon des réformes libérales qui détruisent l’enseignement public : réforme du lycée, transformation de la voie pro, « choc des savoirs », autonomisation des universités. Nous exigeons la suppression de Parcoursup et de la sélection à l’université, ainsi que la garantie pleine et entière de la liberté pédagogique. Nous combattons l’obsession évaluative qui impose des pratiques uniformisées. Nous affirmons au contraire l’importance des pédagogies coopératives, critiques et émancipatrices, articulées à une formation continue ambitieuse et libérée des logiques de compétition. Nous refusons la marchandisation de l’éducation et l’emprise du secteur privé sur elle, notamment dans le cadre de l’actuelle fuite en avant du tout numérique.

5. Améliorer les conditions de travail et lutter contre la précarité

Nous portons un ensemble de revendications essentielles pour l’ensemble des personnels : réduction du temps de travail à 30 heures, hausse générale des salaires, indexation sur l’inflation, égalité salariale entre les femmes et les hommes, fin des primes individualisées et suppression des heures supplémentaires imposées. Dépassant ces revendications immédiates, la CNT-SO se positionne pour une augmentation progressive des salaires pour atteindre la fin des inégalités salariales. Nous défendons la titularisation immédiate et sans condition de concours, d’ancienneté ou de nationalité de tous les personnels précaires, la création d’un corps d’AESH, la reconnaissance d’un métier d’éducateur·trice scolaire pour les personnels de vie scolaire, et la fin des externalisations qui privatisent des services essentiels.

6. Construire un syndicalisme de lutte, autogestionnaire et révolutionnaire !

La CNT-SO affirme que seules l’organisation et la lutte collectives paient ! Face au management toxique, aux pressions et à la répression, nous devons faire vivre un syndicalisme horizontal : refus du corporatisme (pour un syndicalisme d’industrie : on bosse ensemble, on lutte ensemble, quel que soit le métier ou le statut !), assemblées générales souveraines, défense collective, solidarité active, accompagnement des collègues les plus précaires. Nous refusons la cogestion et considérons la lutte des travailleuses et travailleurs comme seule capable de révolutionner la société : c’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons, c’est nous qui pouvons changer les choses !

Changer l’Ecole, pour un monde meilleur : construisons ensemble un projet de société émancipateur basé sur l’égalité économique et sociale réelle, la démocratie directe, la gestion collective de la production et de sa répartition, des services. Un monde meilleur, débarrassé du capitalisme et ses ravages sur l’environnement et sur nos vies.

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Correction dématérialisée du BAC PRO : seul-e face à la copie… non merci !

Communiqué du 26 janvier 2026

Pour apprendre la nouvelle il ne fallait pas rater les infos de vos inspecteurs·trices, une communication à destination de tous les personnels se faisant toujours attendre. Par ailleurs, le flou demeure toujours concernant les matières impliquées : seules les épreuves de français et d’histoire-géographie-EMC seront concernées ?

Le BAC Pro s’aligne sur les épreuves de la voix générale et technologique, les copies seront corrigées, seul·e, devant un écran. Nous trouvons par-ci, par-là quelques infos : nous aurons droit à une aide à la prise en main du logiciel SANTORIN, il y aura des commissions d’harmonisation en distanciel, des coordonnateurs·trices seront désigné·es… Certaines académies parlent de « flexibilité » des corrections pendant le parcours Y. Certain·es devront donc jongler entre préparation de cours, cours et corrections. Beaucoup d’interrogations demeurent, notamment au niveau de l’organisation pratique : à la maison ? dans l’établissement ?

Les collègues de la voix générale et technologique le dénoncent depuis des années, la correction numérique entraine fatigue oculaire et mentale. Dans la plupart des cas c’est le matériel informatique personnel de l’enseignant·e qui est utilisé. Interface fastidieuse, copies mal scannées… : un outil efficace, vraiment ? Quant à l’argument écologique, il ne tient pas debout (des milliers de pages sont numérisées, stockées sur des serveurs, corrigées par les enseignant·es sur leur ordinateur personnel…). La fuite en avant d’une « école numérique » se poursuit, une aubaine pour les concepteurs privés de logiciels. Véritables pointeuses, les logiciels de correction sont également un moyen de contrôler notre travail, notre temps de connexion, le temps passé sur une copie, etc.

Vive le collectif !

Jusqu’à présent, nous n’étions pas seul·e face à une copie : nous pouvions échanger avec les collègues, réfléchir à plusieurs. C’est tout une pratique qui est remise en cause.

Les moments de corrections étaient des moments collectifs. Avec le développement des formations en distanciel, nous nous retrouvons de moins en moins. La dématérialisation des corrections va aggraver cette situation. C’est encore moins de moments pour échanger autour de nos pratiques, de nos métiers et de la situation de l’école publique !

Ensemble, replaçons le collectif au sein de nos pratiques : dans les établissements, en formation… et pendant les corrections !

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AESH en grève le 16 décembre 2025 ! Pour nos salaires et nos conditions de travail, pour un véritable statut : seule la lutte paiera !

La CNT-SO soutient l’appel à la grève initié par les autres organisations syndicales pour le mardi 16 décembre. Arrachons, par la lutte un statut, une augmentation des salaires, de meilleures conditions de travail et le respect des élèves et de leurs familles !

Le mépris des personnels et des élèves ça suffit !

De trop nombreux·euses collègues interviennent sur plusieurs établissements, multiplient les accompagnements. Nous devrions avant tout nous inscrire dans le temps long et sur des lieux bien définis, les établissements scolaires. Accompagner les élèves les plus fragiles c’est un vrai métier et cela nécessite des moyens : nous voulons le retour de l’accompagnement individuel.

Temps partiels subis, salaires de misère, burn-out… Il est temps de dire stop au mépris et à la précarité qui touchent les AESH. Frappé·es comme l’ensemble des travailleur·euses par l’inflation, nos salaires ne nous permettent pas de vivre dignement.

Alors que près de 50 000 élèves en situation de handicap n’avaient pas d’accompagnant à la rentrée 2025 (35% de plus par rapport à 2024), l’austérité impose sa loi et les recrutements sont à l’arrêt. L’inclusion à l’école est une priorité affichée par le ministère : au vu du mépris lancé aux élèves, à leurs familles et aux personnels, nous avons du mal à le croire.

Seule la lutte paie !

Après les mobilisations (notamment par la grève) de ces dernières années, la CDIsation des AESH qui cumulent trois ans d’ancienneté a été obtenue. Ne nous arrêtons pas là ! Il faut continuer le combat pour obtenir un véritable statut de la fonction publique, des salaires dignes et des conditions de travail décentes ! La CNT-SO appelle l’ensemble des personnels à être solidaires et à participer à la grève. Organisons-nous, (ré)activons les caisses de grève !

Avec la CNT-SO, ensemble, nous revendiquons pour les AESH :

  • Un véritable statut de la fonction publique. La titularisation sans condition d’ancienneté, ni de nationalité de tous·tes les AESH.
  • Une augmentation des salaires. La garantie de l’accès aux mêmes primes que les autres personnels (rétroactivité de la prime REP/REP+ depuis 2015).
  • Des créations de postes à hauteur des besoins pour répondre aux enjeux d’une politique pour une école vraiment inclusive. La création de postes de remplacant·es.
  • La garantie d’un temps plein si désiré. Un temps plein équivalent à 24 h d’accompagnement.
  • L’abandon des PIAL/PAS et du principe de mutualisation.
  • Des formations qualifiantes : en initiale, et, par la suite, en continue sur le temps de travail.
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Ah bon, il y a une grève ?

La suppression annoncée de milliers de postes dans l’enseignement, mise en parallèle avec l’augmentation phénoménale des crédits alloués à la défense, est proprement injustifiable. Et si du côté du gouvernement on tente l’argument de la baisse démographique. Nous rétorquons que c’est justement l’occasion de faire baisser le nombre d’élèves par classe !

Le gouvernement est plus prompt à créer un nouveau service militaire que d’abonder un budget conséquent pour l’Education nationale voire à le sabrer davantage.

Augmentation des salaires, titularisation des contractuel·les, fin des subventions, réforme en profondeur de l’éducation prioritaire, renforcement des moyens alloués à la médecine et aux travailleur·euses sociaux scolaires, rénovation du bâti, réforme des rythmes scolaires, fin des politiques d’orientation des élèves basées sur la performance et l’employabilité de la jeunesse, meilleure considération des enseignant·es, titulaires, stagiaires, contractuel·les, etc.

On pourrait continuer comme ça pendant longtemps, tant nos revendications sont constantes, nombreuses et jamais prises en compte ! Chacune d’entre-elles mériterait un mouvement de grève massif et dans la durée.

Et pourtant, nous ne comprenons pas l’appel à la grève pour la journée de mardi 2 décembre, uniquement. Depuis plusieurs années maintenant, l’habitude est prise d’appeler à des journées de grève ponctuelles qui, au fur et à mesure de leur tenue, ont de moins en moins d’impact.

Sur le terrain, tout le monde note l’épuisement, la résignation voire l’agacement des collègues quand ils et elles ont du mal à voir l’issue de ce genre de grève perlée.

L’étendue du désastre et l’urgence de la situation exigent de nous bien plus qu’une grève d’une seule journée sans ambition. L’enseignement public mérite un mouvement d’ampleur, fort et s’inscrivant dans la durée.

Nous ne sommes pas résigné·es !

Aujourd’hui, par manque de référence, ça relèverait presque d’un saut dans l’inconnu, mais en fait ça a déjà été fait ! Ça a fonctionné, et nous disposons de nombreux outils de solidarité permettant de faire vivre une grève sur plusieurs jours (caisses de grèves, rotation des grévistes etc.). C’est nous qui travaillons alors c’est nous qui décidons !

En ce qui concerne la journée de mardi prochain, il ne sera pas pour autant dit que la CNT-SO s’oppose à un mouvement de grève national… Nous soutenons évidemment les initiatives locales et individuelles car elles permettent malgré tout de faire vivre la mobilisation et de s’organiser sur des problématiques spécifiques. Et qui sait, en se rassemblant, en organisant des assemblées générales… Nous commencerons peut-être à construire un mouvement fort qui a pour vocation à s’inscrire dans la durée !