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Communiqué de rentrée 26-27

Une rentrée et un bilan

Emmanuel Macron va bientôt quitter la présidence après une décennie à accentuer les inégalités. Il laissera derrière lui un pays exsangue et miné par des inégalités sociales au plus haut depuis 30 ans (INSEE). Les jeunes travailleurs·euses auront été particulièrement victimes de la « politique de l’offre » et loin d’avoir réussi à endiguer la tentation du vote RN, les ponts vers les idées d’extrême droite n’ont au contraire jamais été aussi solides grâce aux logiques réactionnaires omniprésentes en Macronie.

La dernière rentrée de la sinistre décennie macroniste marque la fin d’une période de politiques ultra-libérales qui ont affaibli l’École, les services publics et l’ensemble des conquis sociaux. Cette rentrée n’est pas seulement un moment administratif : c’est le symbole de choix politiques dont le but est de fragiliser les travailleurs·euses.

10 ans de réformes pour quels résultats

Ces dix années de politiques éducatives laissent un paysage dévasté avec des contre-réformes médiatiques et précipitées, des dispositifs expérimentaux abandonnés aussi vite qu’ils ont été imposés, des injonctions contradictoires, et une ligne directrice prédatrice et constante malgré la valse étourdissante des ministres : adapter l’école aux besoins du capital plutôt qu’à ceux des élèves et des personnels. 

Cette politique mortifère a eu des conséquences immédiates et tragiques, en stage notamment, avec de nombreux élèves blessés ou même morts. Ces drames ne sont pas des accidents isolés, mais le symptôme d’un système qui choisit d’exposer sa jeunesse (et en particulier celle issue des quartiers populaires), pour satisfaire les besoins du patronat. 

Si les programmes EVARS sont solidement construits grâce aux interventions syndicales et imposés enfin dans les établissements pour développer l’égalité filles-garçons et minorités de genre, on peut déplorer l’absence de temps réglementaire de décharge ou de moyens alloués, le budget et le pass cuture étant insuffisants, faisant peser sur les épaules des personnels volontaires une lourde charge. 

Cette décennie aura aussi été celle d’annonces démagogiques et réactionnaires comme le soi-disant retour de l’uniforme (expérience abandonnée dans la plus grande discrétion) ou l’intolérance et mépris affichée pour les fautes d’orthographe et de syntaxe au baccalauréat en faisant un outil de contrôle des personnels lors des corrections des examens… L’Éducation nationale vaut mieux qu’un coup de com’ permanent !

Quoi de neuf pour la rentrée ?

Le mois de juin puis l’été ont été un choc climatique : cinq canicules, des feux de forêt ravageurs, des territoires entiers laissés à l’abandon. Les populations les plus précaires ont été les premières exposées, confirmant que la crise écologique est aussi une crise sociale.

Dans les écoles, la situation a été intenable et l’est de nouveau  : salles de classe transformées en étuves, personnels et élèves en souffrance, aucune anticipation, aucune mesure sérieuse. . La fin d’année scolaire, déjà marquée par des épisodes caniculaires, avait pourtant donné l’alerte. Rien n’a été fait. Les bâtiments restent inadaptés, les protocoles inexistants et l’État continue de nier la réalité climatique pourtant annoncée depuis longtemps. Et on apprend que le plan canicule, destiné à adapter les établissements scolaires,  vient de subir une coupe de 40 million alors qu’une énième canicule arrive !

Le ministère de l’éducation nationale aura montré jusqu’à la fin de ce mandat le peu de cas qu’il faisait de la santé et de la sécurité des personnels. Négligeant la protection de nos données numériques, ces dernières circulent désormais sur des marchés opaques, exposant les personnels à des risques d’escroquerie, de harcèlement et de surveillance.  Comme d’habitude la réponse apportée par l’institution est clairement insuffisante. Aucune prise de responsabilité, aucune garantie de sécurité pour le futur, aucune mesure de réparation n’est envisagée. Doit-on s’en étonner ?

À partir de ce mois de septembre, l’interdiction des téléphones portables dans les lycées est brandie comme une mesure phare. Pour nous, c’est de la poudre aux yeux. Une diversion affligeante pour masquer la dégradation massive des conditions d’enseignement : classes surchargées, bâtiments dégradés, absence de personnels, souffrance scolaire en hausse. On prétend régler un problème en interdisant un objet, alors que les élèves ont besoin d’air, de soutien, de moyens, pas d’un nouveau dispositif répressif ! Et l’ironie est totale : l’institution elle‑même a rendu les portables indispensables via Pronote et les outils numériques imposés aux familles.

Dans le même mouvement, la nouvelle cérémonie commémorative du 11 novembre, rendue obligatoire, s’inscrit dans une dérive inquiétante. Sous couvert de travail de mémoire, on impose aux élèves une célébration morbide, un rituel qui loin de prévenir contre les horreurs de la guerre, glorifie au contraire le sacrifice militaire et cherche à installer un culte des martyrs. Cette injonction participe d’une militarisation de la jeunesse que nous dénonçons depuis l’expérience désastreuse du SNU et celle plus actuelle des « classes défense ».

L’État affirme vouloir acculturer la jeunesse à la défense nationale. Nous répondons que nos établissements ne sont pas des bureaux de recrutement ! Nous préférons que ces crédits et cette énergie soient mis au profit des défis écologiques et sociaux à venir. Nous voulons construire un futur solidaire habité par des citoyen·nes libres, critiques et émancipé·es et non par des sujets disciplinés pour des logiques guerrières.

Pour nous le seul slogan qui vaille lorsqu’on pense au 11 novembre est « Maudite soit la guerre ! »

Et maintenant que fait-on ?

Comme toute année d’élection présidentielle, 2027 s’annonce évidemment comme un moment charnière. Mais ne nous y trompons pas : si nous nous réjouissons de la fin d’une décennie de macronisme à l’École, nous ne croyons pas en l’homme ni à la femme providentiel·le. Nous lutterons contre tout projet réactionnaire de droite ou d’extrême-droite mais nous avons aussi en mémoire les différentes réformes prises par celles et ceux qui, « à gauche » ont voulu nous endormir à coup de promesses jamais honorées. Plus que jamais défendons les valeurs démocratiques, la solidarité et tenons la ligne antifasciste. À l’École comme ailleurs c’est nous qui travaillons alors c’est nous qui décidons !