Depuis plusieurs semaines, dans de nombreux établissements et localités, des grèves et des manifestations s’organisent. Cette mobilisation ne sort pas de nulle part : elle est la conséquence directe d’années de dégradation continue du service public d’éducation dues à des cures d’austérité totalement injustifiées.
Suppressions de postes ou de classes, classes surchargées, manque criant de personnels éducatifs, médico-sociaux et administratifs, conditions d’étude et de travail toujours plus dégradées : la situation est devenue intenable. Et évidemment, la pression est particulièrement intense sur les établissements des quartiers populaires (de nombreux collèges REP et REP+ ont des DHG au rabais).
Dans de nombreuses villes, les personnels se mobilisent et organisent grèves et rassemblements, les lycéen·nes bloquent leurs établissements, descendent dans la rue et posent clairement la question des moyens et des conditions d’enseignement. Le primaire est le plus impacté par les suppressions de postes et prend connaissance après les municipales des cartes scolaires, moteur de nouvelles mobilisations locales.
Dans ce contexte, la CNT-SO Éducation apporte son soutien total à toutes les initiatives locales en cours et à venir. Des journées de grève se construisent à la base dans les établissements ou dans des cadres unitaires locaux dès cette semaine. Il est maintenant temps de porter la question éducative à l’échelle nationale !

Nous appelons à amplifier la dynamique en cours avec une convergence vers le 31 mars : journée nationale de grève dans le primaire et le secondaire qui devra déterminer des suites. Cela passe par la multiplication des assemblées générales dans les établissements, ouvertes à tous·tes les personnels, seules à même de décider démocratiquement des suites du mouvement. Cela passe aussi par la mise en place de coordinations de base, inter-établissements et inter-degrés, pour structurer la mobilisation et construire une réponse collective à la hauteur des attaques.
Nous nous associons aux revendications portées par l’AG des grévistes du 19 mars à Marseille :
- Annulation des suppressions de postes dans l’Éducation nationale
- Création massive de postes (enseignants, AED, AESH, personnels médico-sociaux, etc.)
- Des moyens immédiats pour réhabiliter les établissements (rénovation urgente du bâti, amiante, etc.) et améliorer les conditions de travail et d’étude pour les personnels et les élèves
- Arrêt des politiques d’austérité dans l’éducation
- Refus du “choc des savoirs” et des réformes en cours jugées dégradantes pour l’école publique
- Réaffectation globale des budgets vers l’école plutôt que pour des dépenses militaires
- Retour d’une véritable politique d’éducation prioritaire avec retour des lycées dans le dispositif
Nous affirmons la nécessité d’une convergence des luttes dans toute l’éducation : de la maternelle à l’université, les problématiques sont liées et doivent être affrontées ensemble. L’intersyndicale éducation doit soutenir sans réserve ces dynamiques de terrain et relayer les initiatives locales.
C’est par la grève, par l’auto-organisation et par l’extension du mouvement que nous pourrons imposer nos revendications. Il est temps d’élargir la lutte, de la renforcer partout et de construire un mouvement d’ensemble capable de faire reculer le gouvernement.
Nous n’aurons que ce que nous prendrons !

