Jeudi 05/02/2026
Mardi 3 février, une enseignante a été victime d’une attaque au couteau sur son lieu de travail, poignardée à plusieurs reprises, elle est dans un état grave. Nous exprimons tout notre soutien à cette enseignante, sa famille, ses proches ainsi qu’aux élèves qui ont assisté à la scène, au personnel de l’établissement.
Cette attaque au couteau d’une extrême violence est la sixième en un an, dans des établissements scolaires. A chaque fois l’auteur est un garçon et la victime, une fille ou une femme.
Si les profils et les motivations des auteurs sont différents, on peut s’interroger sur l’influence des contenus masculinistes misogynes et violents en accès libre en ligne et sur leur impact : 17 % des jeunes hommes de de plus de 15 ans adhèrent en effet à cette idéologie violente. On peut aussi s’interroger sur le fait qu’il avait parlé de son intention à des camarades et qu’il collectionnait des couteaux. Ces armes blanches faciles d’accès ont bien souvent une dimension viriliste.
Nous dénonçons aussi le fait que, trop souvent, dans les établissements et les enseignants et enseignantes sont laissées seules face à des situations problématiques. Après un drame, on s’aperçoit souvent qu’il y avait eu des alertes.
Les politiques d’austérité ont fragilisé l’ensemble des établissements scolaires, nous en payons le prix et le mal-être des jeunes ne fera qu’augmenter si rien n’est fait. La scolarité des élèves et le travail des agents sont sans cesse remis en cause. Ici c’est le manque de moyens humains qui saute aux yeux !
Toutes les instances médico-sociales qui permettent de prendre en charge les jeunes élèves sont en détresse avec un manque de personnel criant. Dans le cas du drame de Sanary, un rendez-vous avait été pris mais il ne se serait déroulé que dans quatre mois…
Une mise en place d’urgence de temps dédiés pour l’EVARS est une réponse afin d’endiguer la montée des masculinismes et des passages à l’acte misogynes. Mais pour cela il faut du temps dégagé et non pas des réunions à la sauvette entre midi et deux, et que cela ne repose que sur la bonne volonté de personnels exsangues.
Et ce n’est pas de plus de sécuritaire ou de moins de portables dont les élèves et l’école ont besoin ! La répression, l’aspect de plus en plus carcéral ne créent que de la violence institutionnelle et de l’étouffement.
Nous demandons des moyens humains pour l’école et de quoi mettre en place les actions de prévention : personnels enseignants, d’accompagnement au handicap, de vie scolaire et médico-sociaux.
Nous appelons à soutenir la collègue par tous les moyens envisagés localement (rassemblements, actions symboliques, motions au CA…).
